Nouveaux entrants : les acteurs du "mobile banking"

Extrait de l'article : "Les banques face au défi de la mobilité"

Cela fait bien longtemps que nos téléphones nous servent à autre chose qu'à passer des coups de fil. En quelques années, ils se sont transformés en véritables couteaux suisses. Ils font office de réveil, de lampe-torche, d'appareil-photo ou de mini-caméra. Ils nous donnent accès à notre courrier électronique, remplacent le journal pour s'informer le matin, deviennent des écrans pour regarder des programmes audiovisuels, écouter de la musique, jouer en ligne ou partager ses derniers exploits sur les réseaux sociaux... Et, parfois, il nous arrive de téléphoner avec.

On ne compte plus le nombre d'industries chamboulées par ces nouveaux usages. Et la banque ne sera pas la moindre d'entre elles. D'ici cinq ans, nous dit une étude récente de KPMG, le « mobile banking » va doubler de taille pour toucher 1,8 milliard d'utilisateurs. Il est déjà devenu la norme dans plusieurs pays d'Afrique comme en Corée du Sud ou en Pologne. En France, le marché n'a pas encore vraiment décollé. La plupart des grands réseaux bancaires ont certes leurs applications dédiées. Les spécialistes, qui sont souvent des filiales de grands établissements comme Boursorama (Société Générale), Hello Bank (BNP Paribas) ou Fortuneo (Crédit Mutuel Arkéa) ont commencé leur percée. Et il est désormais possible de payer ses achats dans certains commerces avec son smartphone. Mais la vague n'a pas tout renversé sur son passage. Pas encore.

L'offensive d'Orange, qui vient de porter son dévolu sur Groupama Banque pour lancer son offre bancaire, pourrait accélérer les choses. Tout comme les ambitions d'un Apple ou d'un Samsung dans les paiements. Car, pour les nouvelles générations, les banques seront dans la poche ou ne seront pas. Déjà, la plupart des trentenaires utilisent chaque jour leur mobile pour consulter leurs comptes, gérer leur budget ou virer de l'argent. Ils s'en servent aussi pour contacter leur conseiller, par voix ou par tchat. On ne fréquente désormais plus les agences que pour des circonstances exceptionnelles, à l'occasion d'un emprunt immobilier ou d'un divorce. Et de nouveaux acteurs émergent - les FinTech - qui révolutionnent à leur tour les habitudes de consommation bancaire. Bercy rêve de renforcer la concurrence entre banques et de faire baisser les frais bancaires en facilitant la mobilité d'un établissement à un autre. Pas la peine de se fatiguer. La banque mobile va faire le travail à sa place.

Source : "Les banques face au défi de la mobilité" - Les Echos - 6-1-2016

A lire aussi : "Pourquoi Orange peut faire trembler les banques" - Les Echos - 6-1-2016

Extraits :

Les banques se seraient bien passées de l’annonce par Orange lundi soir de son entrée en négociations exclusives avec Groupama pour prendre le contrôle de sa filiale bancaire. L’objectif de l’opérateur est en effet de faire de Groupama Banque le socle de sa nouvelle banque mobile. Le caractère très régulé de leur activité avait jusqu’ici plutôt bien protégé les acteurs bancaires traditionnels des appétits de nouveaux concurrents. Mais l’arrivée annoncée en 2017 de Orange Banque sur le marché français pourrait constituer une sérieuse menace pour eux.

Avant même la vague des start-up de la finance qui se révèlent d’ailleurs davantage des partenaires que des concurrents des banques, leur forteresse a sans doute déjà été maintes fois assaillie. Les assureurs et les grands distributeurs ont été les premiers à guigner dans les années 1990 le marché de la banque. La majorité des premiers a néanmoins largement revu ses ambitions et la vente de Groupama Banque en est la meilleure illustration. Quant aux distributeurs, leurs filiales bancaires se limitent à des activités de paiement et de crédit venant en soutien d’achats dans leurs magasins.

Même la vague des banques en ligne qui ont émergé au début des années 2000 reste un marché de niche, par ailleurs préempté par les établissements bancaires traditionnels (avec un peu plus de 700.000 clients, leur leader n’est autre que Boursorama, filiale de la Société Générale). Elles ont attiré en 2014 un total de 350.000 clients nets seulement selon le BCG. Et ces derniers sont sensiblement moins rentables que ceux des banques de la place. Et pour cause : non seulement leurs marges sont plus étroites car elles cassent les prix mais leurs clients domiciliant leur salaire chez elles ne représentent qu’un quart environ de leur clientèle contre 70 % à 80 % dans un établissement traditionnel. Or un client principal génère naturellement plus de revenus : 600 euros par an en moyenne dans une banque ayant pignon sur rue contre 300 euros au mieux pour un acteur en ligne. Et le gain tombe en deçà de 200 euros lorsque le client ne détient qu’un compte secondaire.

Orange a néanmoins deux atouts principaux de nature à changer la donne. Le premier concerne sa base de 28 millions de clients et son réseau de distribution de quelque 850 boutiques très fréquentées. (…)

Le second atout, le plus différenciant, concerne son cœur de métier : le mobile ! Orange connaît en effet par cœur l’ensemble des problématiques de ce qui est devenu le premier point de contact des clients avec leur banque. Au printemps dernier, Société Générale indiquait ainsi que 90 % de ses interactions avec ses clients se faisaient par internet ou mobile, ce dernier représentant deux tiers des 700 millions de connexions par an. Orange dispose donc avec le mobile d’un levier puissant pour développer des fonctionnalités moins familières aux banques qui n’ont en outre pas la maîtrise spontanée de la gestion des cartes sim. Il reste néanmoins à transformer l’essai. Le marché émergent de la banque mobile est en effet semé d'embûches. « Les ambitions affichées par Orange peuvent faire penser à celles de certains distributeurs qui se faisaient fort de dominer le marché des télécoms en devenant opérateur de réseau mobile virtuel », rappelle un observateur averti. L’avenir a montré que les choses n’étaient pas si simples.

Lire aussi notre billet : "Blablacar Vinci, Orange, Nexity et la route intelligente"

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- services financiers
- une technologie pour supprimer les intermédiaires
- vitrage intelligent


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