Au moment de clore l'année 2017, voici quelques citations ou analyses que nous avons trouvé intéressantes. C'est en vrac, et pas exhaustif.

#Créativité #Robots

« Si nous nous abandonnons à la facilité, si nous cessons de marcher, si nous cessons d’aimer, si nous cessons de lire, de créer et d’inventer, alors oui, les robots prendront le pouvoir. » (…) « Mon conseil aux jeunes est simple : plus aucun parcours n’est sûr à 100% donc autant s’amuser et choisir d’étudier ce qu’on aime »

« Choisissez d’étudier ce que vous aimez » - Pascal Picq – Le Monde – 12 janvier 2017

 

#Energie #Solaire #Multitude #Gratuit

« Ce mardi 31 janvier 2017, le Syndicat des énergies renouvelables reçoit en colloque le gratin de l’énergie française. Les PDG de Total, d’EDF et d’Engie, ainsi que le patron de l’Agence internationale de l’énergie, se presseront à la tribune pour proclamer leur foi dans l’énergie de demain, le Soleil. Elle était encore impensable il y a seulement cinq ans, cette convergence des grands du secteur au chevet de la plus humble des sources d’énergie dans le monde, qui ne fournit pas plus de 1,5 % des besoins mondiaux en énergie. Une goutte d’eau dans les océans de pétrole et de charbon qui inondent le monde.

L’engouement soudain des spécialistes du pétrole, du nucléaire et du gaz pour le solaire n’est pas philanthropique. Il se déroule depuis cinq ans une révolution silencieuse qui ne leur a pas échappé. Pour la première fois dans l’histoire, en 2015, on a installé plus de capacité de production électrique dans les énergies renouvelables que dans les énergies fossiles. Et le montant investi, 265 milliards de dollars (248 milliards d’euros), y est désormais deux fois supérieur.

L’argent coule à flot et le solaire s’y taille la part du lion. Tout cela parce que la machine industrielle s’est mise en marche, notamment du côté de la Chine. Le coût des panneaux solaires a été divisé par deux depuis 2010 et devrait encore baisser de plus de moitié d’ici dix ans. Cette source d’énergie devient abordable et compétitive par rapport à ses concurrents fossiles ou nucléaires dont les coûts, eux, ont tendance à grimper.

Et cela change tout. Parce que le solaire n’est pas un mode de production ordinaire. D’une part il est facilement décentralisable, du plus petit capteur de température à une voiture, un immeuble ou une usine, et, d’autre part, composant électronique lui-même, il peut se coupler facilement à toute la chaîne du numérique. Il porte donc en lui la promesse d’être à l’énergie ce qu’Internet a été à l’information : une nouvelle manière de voir le monde, puisque chacun sera à la fois producteur et consommateur d’énergie.

Cette révolution solaire, qui promet, comme Internet, l’ubiquité et une quasi-gratuité, n’en est qu’à ses débuts et sa montée en cadence sera lente car elle remet en cause des investissements lourds et de très long terme, notamment en matière de réseau. Mais le coup est parti et les initiatives vont fleurir tout le long de cette nouvelle chaîne de valeur, des feuilles capteurs à poser sur une simple fenêtre aux batteries de stockage.

C’est bien ce qui fascine et inquiète les grands opérateurs actuels, désormais confrontés à des choix radicaux. Abandonner progressivement les énergies fossiles, voire le nucléaire, pour tenter de bâtir ce monde de demain, comme tentent de le faire l’italien Enel, l’Allemand E.ON ou le français Engie, ou tenter de conjuguer les deux, comme voudrait le faire EDF. Cela conditionnera pour lui sa stratégie de remplacement des centrales nucléaires. Un enjeu pour les cent prochaines années. Il ne faudra pas se tromper ».

« Irruption solaire » - Philippe Escande – Le Monde – 31 janvier 2017

 

# Nexity #Immobilier-as-a-service

Nexity souhaite devenir une « plate-forme de services. Nous souhaitons suivre au plus près nos clients – des clients particuliers, des clients collectivités locales, des clients entreprises. Au fond, ce qu’ils nous demandent, ce sont des services. Leur demande, c’est vraiment un service complet autour de l’endroit où ils vont s’installer ».

L’invité des Echos : Véronique Bédague, Secrétaire-Générale de Nexity (ex directrice de cabinet de Manuel Valls à Matignon) – Les Echos – 6 octobre 2017

 

#Expérience-client

« Ce n’est pas un hasard si l’expérience client est devenue très en vogue ces dernières années. Dans une concurrence de plus en plus forte, tout ce qui permet de de fidéliser le client devient précieux. Et les progrès dans le traitement de l’énorme masse de données laissées par chacun de nous dans les toiles numériques permettent de connaître beaucoup mieux la « customer intimacy », l’intimité du client. Aux Etats-Unis, les chercheurs Michal Kosinski et David Stillwell ont montré qu’on pouvait prédire à 95% la couleur de peau d’un individu sur la base de 68 de ses « like » sur Facebook. (…) Les entreprises doivent passer d’une logique de producteur à une logique de consommateur.

« Comment l’expérience client bouscule l’économie » - Jean-Marc Vittori – Les Echos – 26 octobre 2017

 

#Consentement #Individualisation

« Partout, en ce moment, il est question du consentement. Les « Paradise Paper » ébranlent, dit-on, le consentement à l’impôt. Au commissariat, le policier demande à la femme venue déposer plainte pour viol si elle a pu laisser croire à son consentement. A l’hôpital, il faut le consentement d’un patient, ou celui de sa famille, pour arrêter un traitement, entamer des soins palliatifs, prélever des organes. Au gouvernement, on juge difficile de mener à bien une politique sans le consentement du peuple. (…) Tout consentement exige une information complète et véridique, la capacité de la comprendre, et une volonté libre et souveraine, capable d’acquiescer ou de refuser. (…) Où est le piège ? Dans la confusion, de plus en plus fréquente, entre consentement et désir. Elle s’est installée subrepticement et nous porte à considérer, à tort, que consentir reviendrait à vouloir ardemment. Pourtant, le consentement se réduit presque toujours à une sorte d’acquiescement passif. Même s’il est « libre », « éclairé », « informé », etc., il dit « oui », le plus souvent, à ce qu’il est très difficile, sinon impossible, de refuser. Or cette forme de résignation raisonnable n’a rigoureusement rien à voir avec un désir positif et affirmé. Ainsi les citoyens acceptent-ils les impôts parce qu’ils en comprennent l’usage, et pas du tout parce qu’ils ont le désir d’être taxés ».

« Le consentement n’est pas le désir » - Roger-Pol Droit – Les Echos – 10 novembre 2017

 

#Espace Public #Gratuit

Pourtant, malgré la pression financière s'affrontent nombre de collectivités, l'espace public ne peut pas se réduire à un simple actif générateur de revenus. Si nous voulons des villes ouvertes à tout à chacune et chacun, nous devons nous battre pour que les espaces publics restent vraiment publics. Et donc y recréer des lieux de gratuité absolue, sans contrepartie publicitaire ou autres.

Remettre des toilettes publiques, des bancs, du mobilier urbain pour y faire du sport, mieux partager l'espace ou encore en finir avec la publicité constituent autant d'étapes pour refaire de la gratuité un axe essentiel du vivre ensemble.

« Non, Madame Hidalgo, l’espace public n’est pas à vendre » - David Belliard, Président du Groupe Ecologiste de Paris - Les Echos – 1er décembre 2017

 

#Climat

« L’argument de la santé humaine peut être une locomotive pour accélérer le combat contre le changement climatique. Quand on parle des conséquences terribles de ce dernier pour la planète, on a tendance à paralyser les gens, on leur donne le sentiment qu’on ne peut rien faire et que les citoyens, eux-mêmes, ne peuvent rien faire. Alors que si on va sur le domaine de la santé, on peut souligner les bienfaits de la lutte contre la détérioration de notre environnement et contre le réchauffement.

Maria Neira, OMS - « On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas » – Le Monde – 5 décembre 2017

 

#Engie #Energie

(En quoi les entreprises sont-elles légitimes pour lutter contre le changement climatique ?) Les enjeux sont de moins en moins dans les mains des Etats, qui ne sont plus les seuls à décider. Le propre de la transition énergétique, c'est justement qu'on est en train de passer à un système piloté par des entités beaucoup plus petites et décentralisées. Les consommateurs jouent un rôle de plus en plus actif, les collectivités territoriales mettent en place des réglementations, les entreprises prennent des décisions d'investissement qui influencent les évolutions. (Comment Engie investit-il dans ce domaine ?) L'un des axes forts de notre développement, c'est l'amélioration de l'efficacité énergétique. Et notamment l'efficacité énergétique des bâtiments. Nous sommes prêts à investir 1 milliard d'euros en France dans ce domaine au cours des cinq prochaines années, en signant des contrats de performance énergétique avec nos clients. Nous en avons déjà 4.000, essentiellement avec des entreprises du secteur tertiaire. Avec ces contrats, notre rémunération dépend des économies d'énergie que nous permettons de réaliser à échéance de dix ou quinze ans en changeant les chaudières, en isolant mieux, en installant des capteurs... Nous nous engageons sur 20 % à 30 % d'économies pour nos clients sur leur facture. (…). (Engie est un transporteur et un distributeur de gaz. N'est-ce pas paradoxal de favoriser une baisse de la consommation d'énergie ?) Dès lors que le potentiel d'économies d'énergie existe, les consommateurs iront le chercher. Pour un ménage français qui dépense en moyenne 1.500 euros par an, une économie de 20 % n'a rien d'anecdotique. C'est une évolution inéluctable. Il est plus intéressant pour nous de nous positionner sur cette opportunité plutôt que de tenter de la freiner. D'autant qu'Engie a tous les atouts en main pour en bénéficier, contrairement à d'autres énergéticiens. Nous avons 100.000 salariés qui interviennent tous les jours chez nos clients.

Isabelle Kocher – Directrice générale d’Engie - « Engie va investir 1 milliard d'euros dans l'efficacité énergétique » - Les Echos – 11 décembre 2017

 

#Continuité

« Une société qui devient numérique est à la fois plus efficace et plus fragile. Au-delà des incidents techniques, notre monde revient à l’intermittence, après l’ère industrielle des flux continus de production, d’énergie et de travail. (…) Dans des sociétés numérisées, la fragilité grandit au lieu de diminuer. »

« Pannes de la SNCF : le retour d’une économie de l’intermittence » - Jean-Marc Vittori – Les Echos – 12 décembre 2017

 

#Climat #Schneider Electric

« Mon sentiment, c’est que la cause de la lutte contre le changement climatique progresse partout. C’était un sujet politique qui intéressait peu les entreprises quand Schneider Electric s’y est engagé il y a quinze ans. J’étais déjà convaincu que ce qui est bon pour la société est bon pour le business, alors que de nombreuses entreprises étaient dans le déni ou la résistance à toute mesure. Avec la COP21, les entreprises, mais aussi les villes, s’en sont vraiment emparées et l’ont mise au cœur de leurs stratégies. Les premières, parce que plus leur activité sert la société, plus cette activité est durable. Pour les secondes, responsables de 80 % des émissions de CO2, c’est un facteur d’attractivité. En Asie, le principal frein au développement de certaines villes vient du fait qu’elles sont devenues invivables en raison de la pollution. C’est dans les villes que se gagnera ou se perdra le combat contre le réchauffement. (Quel doit être l’axe majeur d’une bonne politique pour sauver la planète ?) C’est l’efficacité énergétique, tous les industriels le disent. Selon l’Agence internationale de l’énergie, 50 % de l’investissement mondial devra y être consacré pour être sur la bonne trajectoire. Cela fait trente ans que je suis dans cette industrie. Les gens qui ont nié la nécessité de cette efficacité et de la baisse des émissions de carbone ont toujours perdu face à ceux qui en faisaient l’axe de leur combat. Il y a toujours un moment où les contraintes de la société et de la planète vous rattrapent. Si votre usine consomme deux fois moins d’énergie que votre concurrent, il est clair que vous gagnez en compétitivité. La première source de coût d’un data center, c’est l’énergie. Si vous investissez dans l’efficacité énergétique pour consommer mieux, vous récupérez votre investissement au bout de trois ans en moyenne, parfois moins, grâce au digital. (…) (Après la COP23 en novembre, un sommet sur le climat à Paris était-il vraiment utile ?) Oui, car la cause de la lutte contre le changement climatique est si importante que les acteurs ont besoin de se voir très régulièrement pour définir ensemble des actions. L’interaction entre société civile, entreprises, villes et Etats permet d’avancer plus vite. Les Etats, qui définissent des politiques, ne connaissent pas les innovations que les entreprises proposent ; les entreprises, elles, ont besoin que les politiques et les villes créent un environnement favorable au déploiement de ces technologies. C’est ce qui s’est passé avec la Silicon Valley, en Californie, où toutes les conditions étaient réunies. Schneider serait encore plus crédible si les villes françaises étaient plus digitalisées.

« Climat : « Il faut plus de ressources financières » - Entretien avec Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric – Le Monde – 12 décembre 2017

 

#Données

« C’est donc un retournement conceptuel qui doit être opéré pour analyser cette ressource perpétuellement renouvelable. L’âge du pétrole a induit un écosystème d’opérateurs gigantesques, seuls à même d’investir massivement dans un appareil industriel coûteux, capable d’assurer l’exploitation rentable de cette ressource infinie. Ce secteur était nécessairement concentré. Les économies d’échelle renforçant son caractère oligopolistique. La data, à l’inverse, est inépuisables et abondante à profusion. Elle peut être partagée et elle s’exploite sans coût fixe important ».

« Les données ne sont pas le pétrole du 21ème siècle » - Olivier Babeau – Président de l’Institut Sapiens – Les Echos – 28 décembre 2017

 

#Mobilité

« La route est le seul réseau à n’être pas saturé en nombre d’usagers, tout en l’étant en nombre de voitures ».

« Les oubliés de la politique de mobilité » - Cécile Maisonneuve – Présidente de la Fabrique de la Cité – Les Echos – 28 décembre 2017

 

#Algorithmes

« On ne cherche plus à comprendre l’environnement, on cherche à le prédire. Notre rapport au savoir change, mais aussi notre rapport au monde : on se focalise davantage qu’auparavant sur les risques. Voir et comprendre sont supplantés par détecter et prévenir. On passe d’une civilisation du signe, qui était porteuse de sens, à une signalisation du signal, qui est une donnée qui ne signifie rien en soi. C’est donc un changement de paradigme qui transforme la manière dont nous sommes gouvernés ».

« Vous résisterez aux algorithmes » - Antoinette Rouvroy – Le Monde – 30 décembre 2017

 

#Temporaire #Aménagement

Cette occupation (temporaire) bouscule notre métier d’aménageur et enrichit le projet. Nous souhaitons que les occupants participent pleinement à la préfiguration ». (…) « Paris Batignolles assure vouloir tout mettre en œuvre pour « sortir de l’offre immobilière standard répondant à une moyenne présupposée des attentes ».

Jean-François Danon, DG de Paris Batignolles Aménagement, interrogé dans « L’urbanisme temporaire s’installe pour durer » - Le Monde – 30 décembre 2017

 

#Enedis #Energie

« Dans les cinq ans qui viennent, notre secteur va vivre plus d'évolutions qu'il n'en a connues ces cinquante dernières années. L'avenir est à l'électricité décarbonnée et « multiplayer ".  (…) (Quels enjeux communs avez-vous avec Enedis (ex-ERDF), le distributeur d'électricité ?) Nous avons une préoccupation commune. Les réseaux d'électricité doivent être rémunérés pour la garantie d'alimentation qu'ils apportent et pas uniquement pour la quantité d'électricité qu'ils transportent. Nous avons une baisse du soutirage, le trafic sur le réseau : -0,6 % en 2015. Ce n'est pas un accident de l'histoire car la production renouvelable décentralisée va continuer à se développer. Pour l'assurance d'électricité qu'ils apportent, les réseaux doivent être aussi rémunérés pour la puissance qu'ils peuvent garantir.

François Brottes – Président du directoire de RTE – Les Echos – 8 juillet 2016

 


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