Bonne année 2020 !

Pour nos vœux cette année, nous avons choisi d'opter pour le mystère, avec une photo sans légende et sans quizz...

Mais certains le devineront sans doute : il s'agit d'une photo que nous avons prise à Singapour début juillet, lors de l’expédition urbaine organisée par La Fabrique de la Cité. La photo représente le complexe Jewel, qui a ouvert mi-2019 dans l’aéroport Changi de Singapour.

(source : Agence Safdie)

Construit au pied de la tour de contrôle sur l’ancien parking du Terminal 1, Jewel s'étend sur 137.000 mètres carrés répartis sur 10 étages, dont cinq souterrains, et présente une immense façade en forme de dôme faite de verre et d'acier. A l’intérieur, on y trouve la plus grande cascade intérieure jamais construite (le « HSBC Rain Vortex »), d’une hauteur de 40 mètres, et une forêt tropicale (la « Shiseido Forest Valley »), composée de 120 espèces différentes, avec plus de 2.000 arbres et 100.000 plantes dans une atmosphère savamment maintenue à température et hygrométrie constantes.

(source : Agence Safdie)

Estimé à plus de 1,7 milliards de dollars, le projet est l’œuvre de l'architecte Moshe Safdie qui est notamment connu des Singapouriens pour avoir réalisé en 2010 le Marina Bay Sands, devenu l’emblème de la Cité-Etat (photo ci-dessous) et de ses superlatifs (La plus grande piscine à débordement du monde se trouve sur le toit-terrasse).

Quand on pénètre dans la « forêt » de Jewel, l’effet est saisissant, et la cascade de toute beauté. « Waouh ! ». Mais c’est un mélange de fascination et de répulsion, qui interroge. Ne s’agit-il pas ni plus ni moins que de la reconstitution sous cloche, à grand renfort technologique, d’une forêt tropicale, avec pour seule finalité de créer une « expérience » et de rendre attractif un terminal d’aéroport et ses commerces ? Certes, c’est plus beau, plus vert, plus « local » que les pistes de ski de Dubaï, mais est-ce fondamentalement si différent ? Avec, comme ailleurs à Singapour, une spectaculaire architecture qui ne semble bien souvent être que sa propre finalité. Ou bien y voit-on d'abord une ode à la nature et à la féerie des serres ?

Peut-être aussi est-on en train d'arpenter une des "cités obscures", la fameuse série de bande dessinée de François Schuiten et Benoît Peeters.

D'où la version avec légende :

Et on pense au joli aphorisme de Sylvain Tesson : "Et si c'était par désespoir que les cascades se précipitaient du haut des montagnes ? ». Bonne et joyeuse année 2020 !

Nos voeux 2019, 2018, 2017, 2016, 2015, 2014, 2013, 2012, 2011.


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