Notre note pour le Réseau National des Aménageurs sur "Les villes au défi de la gratuité" est en ligne : ici (téléchargeable... gratuitement !).

Extraits

L’objectif de cette note est ainsi de décrypter cette irruption du gratuit dans les villes, afin d’outiller les acteurs dans la compréhension des mécanismes sous-jacents. La question n’est pas tant de savoir ce qui est gratuit que de comprendre comment la gratuité est rendue possible. Se poser la question du gratuit dans la ville permet d’articuler plusieurs questions autour du financement de la ville, des péréquations, et des nouveaux modèles économiques poussés par le numérique. Cette question interpelle tout particulièrement les collectivités locales, mais aussi les acteurs de la mobilité, de l’énergie, de l’immobilier, de l’espace public... et donc par ricochet les aménageurs.

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Les villes, qui ont toujours été de fait des plateformes de péréquation entre financeurs de la ville, sont aujourd’hui traversées par des évolutions qui bousculent les pratiques habituelles de leur financement et soulèvent une question éminemment politique : qui paiera la ville (de) demain ? Cette note n’épuise évidemment pas le sujet des formes traditionnelles de gratuité, ni des nouvelles formes de gratuité dans la ville qui émergent sous l’effet du numérique. Elle vise toutefois à éclairer les collectivités et aménageurs sur plusieurs points. D’abord, la gratuité dans la ville est en train de changer de nature: alors qu’elle était traditionnellement fondée sur le couple usager-contribuable, elle repose aujourd’hui largement sur le fonctionnement économique des plateformes numériques. Ensuite, il faut comprendre les ressorts de ces nouveaux mécanismes de gratuité, qui posent beaucoup de questions en même qu’ils représentent des potentialités pour repenser le modèle de financement de la ville.

Les collectivités et aménageurs semblent triplement concernés par ce sujet. D’une part, ils sont historiquement un des principaux acteurs de la péréquation des villes : un bilan d’opération d’aménagement est fondamentalement un exercice de péréquation, et un arbitrage. D’autre part, ils sont de plus en plus sollicités sur la question des usages des quartiers qu’ils fabriquent, et ces usages sont traversés par les évolutions que nous venons de décrire. Enfin, à l’heure où la fabrique des projets urbains repose de plus en plus sur des partenariats multiples, impliquant acteurs traditionnels de l’immobilier, mais aussi énergéticiens, start-up et entreprises de l’économie sociale et solidaire, il leur faut parfois changer de réflexes: alors que, de manière schématique, un acteur privé avait une activité marchande, et payante, dans un but lucratif, désormais les correspondances habituelles (privé = marchand = payant = lucratif; public = non marchand = gratuit = non lucratif) ne se superposent plus systématiquement.

 

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