Le numéro de juin-juillet du Courrier des maires publie un dossier sur la ville de demain.

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On pourra, notamment, y lire une interview d'ibicity.

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(voir ci-dessous).

L'article nous présente comme fondatrice d'UBIcity alors qu'il s'agit bien d'IBIcity. Tant mieux ! Cette confusion fréquente est l'occasion de rappeler la différence entre "ubi" et "ibi". En effet, UBI désigne le lieu relatif tandis qu'IBI renvoie au lieu absolu.

Par exemple :

Ubi fenus, ibi patria : là où on se trouve bien (lieu relatif), là est la patrie (lieu absolu).

ou encore :

"Ubi caritas et amor, ibi Deus est" : Là où il y a amour et charité (lieu relatif), là Dieu est (lieu absolu).

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En vérité, plus que la recherche d'un absolu, c'est l'allitération en i (iotacisme) qui nous a séduite dans le choix du nom "ibicity" !



« Du jeu d'échec au jeu de Go »

Quelle place pour les élus locaux dans la construction de la ville de demain ?

La révolution numérique transforme de façon radicale les modes de production et de gestion de la ville et particulièrement le jeu des différents acteurs. Auparavant les élus jouaient une partie d'échec dans laquelle chaque pièce avait un rôle défini en fonction de sa nature. Désormais il s'agit d'une partie de jeu de Go dans laquelle toutes les pièces ont la même liberté de mouvement et d'action. Les élus locaux doivent apprendre à se repositionner sur cette nouvelle grille. Face à la complexité, le risque est grand que les collectivités ne deviennent plus que les spectateurs d'une ville qui se ferait sans elles, avec des systèmes urbains et de nouvelles fonctionnalités gérées par de grands groupes privés. Or, malgré ses promesses, la ville intelligente présente de nombreux risques notamment en matière d'exclusion et de protection des données de la vie privée. Si les collectivités veulent rester garantes de l'intérêt général elles doivent garder la maîtrise de ces sujets complexes.

Comment faire concrètement ?

Il importe que les élus et leurs services se saisissent pleinement de ces nouveaux enjeux et définissent une vraie stratégie de ville intelligente. Trop souvent, elles ne se sentent pas concernées ou ne savent pas comment s’en emparer. Il s'agit de construire des politiques publiques permettant de tirer tout le parti des opportunités du partenariat avec les acteurs privés et de la révolution numérique tout en faisant en sorte que la ville soit inclusive. Pour les projets d'aménagement par exemple il s'agit de réfléchir à la façon la plus intéressante dont ils peuvent en devenir les orchestrateurs. Le levier de la maitrise foncière n'est plus forcément le plus intéressant. Mobilité, déchets, eau, énergie, toutes les questions doivent être traitées de façon simultanées. La collectivité doit se demander comment mettre en musique via les claviers très fins qui existent désormais. L'enjeu du modèle économique, même s'il est rarement évoqué, est ainsi primordial à étudier.

Le modèle économique de la ville ?

Le modèle de l'aménagement largement payé par le contribuable est menacé. Avec un affaiblissement des finances publiques et des coûts de reconstruction de la ville sur elle-même élevés, il s'agit de trouver de nouvelles ressources, de nouvelles solutions. Par exemple, de nouvelles recettes apparaissent avec l’habitat-usager qui devient producteur (d’énergie, de données, de places libres dans sa voiture ou son logement). Et de nouveaux modes de facturation fine, selon l’usage ou l’usager, sont désormais possibles. Il s’agit également de tirer partie du fait que la manière de produire les services urbains évolue. Il n'existe pas de solutions toutes faites, mais se poser dès aujourd'hui les questions est déjà un grand pas.

Voir aussi notre interview dans les Echos sur "Qui fera la ville demain ?" : ici.


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