ibi blog

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Prospective

Fil des billets

jeudi, 26 septembre 2013

Ecocity et ibicity, jolie rime

A l'occasion du sommet Ecocity qui se tient à Nantes, Libération publie un dossier spécial sur les villes... et cite ibicity.

couverture dossier lobé

extrait libé IBS

Pour télécharger le dossier, cliquer ici.

Source : Ecofutur spécial villes - Libération - 23 septembre 2013


Retourner sur le site ibicity
Retourner sur le blog ibi blog

mardi, 17 septembre 2013

Si les maires dirigeaient le monde

A lire dans les Echos de ce jour :

"Au cours des deux dernières décennies, notre système économique a connu une révolution majeure. L'avènement d'Internet a entraîné une désintermédiation des échanges. Il semble inévitable que l'élimination des intermédiaires au profit de relations directes entre pairs touche aussi, tôt ou tard, les structures de notre système politique, et donc de notre démocratie. A l'heure de la mondialisation, il faut admettre que notre modèle d'institutions, conçu il y a quatre cents ans, n'est peut-être plus à la hauteur des défis de notre temps. Benjamin Barber, professeur de sciences politiques à l'université du Maryland, va publier le 4 octobre un livre qui esquisse un nouveau modèle démocratique, « If mayors ruled the world » (Yale University). Il en a présenté les grandes lignes lors de la dernière édition de TED Global, au mois de juin.

barber

Barber pense que la solution à notre crise politique occidentale passe par la construction d'un système à l'échelle à la fois locale et globale. Il propose de changer de paradigme et de commencer à raisonner à l'échelle des villes et non plus des nations. Les zones urbaines sont le lieu où la culture et la civilisation sont nées. De plus, la majorité de la population mondiale vit désormais dans des villes. Benjamin Barber pense qu'il pourrait être temps que les gens qui les gouvernent se chargent de diriger le monde.

Les maires sont pragmatiques. Leur tâche est de faire avancer les choses au-delà des idéologies. Leur taux de popularité est souvent supérieur à toutes les autres catégories d'hommes politiques. Les villes sont profondément multiculturelles, ouvertes, participatives et démocratiques alors que nous vivons encore dans un système politique basé sur des frontières et des Etats - des Etats qui, souvent, refusent d'agir ensemble. La démocratie est née dans la cité antique. Elle peut renaître dans la cité contemporaine, globalisée, cosmopolite. Pour y parvenir, Benjamin Barber appelle à la création d'un parlement mondial des maires qui permettrait une participation globale plus directe. A l'approche des élections municipales en France, voici un thème propice à un débat de fond".

Michel Levy-Provençal - Les Echos - 17 septembre 2013


Retourner sur le site ibicity
Retourner sur le blog ibi blog

dimanche, 8 septembre 2013

Place Taksim, Sao Paulo et les "projets inutiles"

Nouvelle revue créée par le directeur de la revue Esprit, "Tous urbains" a sorti cet été son numéro 2. Il faut lire son éditorial :

"Place Taksim à Istanbul : voilà que les manifestants représentant des sensibilités diverses mettent en cause la décision du premier ministre Erdogan, qui fut longtemps maire d’Istanbul, de transformer le parc Gezi par un centre commercial et de réaliser d’autres projets pharaoniques sur cette place et dans ses alentours immédiats. Dans ce cas le pouvoir a vite repris les choses en main.

Sao Paulo ensuite : l'augmentation du prix des tickets de transport a provoqué des mouvements revendicatifs qui s'en sont pris à des politiques urbaines démesurées et ont mis en cause l'argent dépensé pour le Mondial de football 2014 (13 milliards de dollars).

place taksim

On a voulu voir dans ces mouvements une suite de la place Tahrir ou des manifestations des indignés, mais leur dimension urbaine est decisive : le temps des politiques urbaines pharaoniques ne fait plus recette quand les inégalités territoriales deviennent insupportables. La concurrence entre les villes globalisées, le benchmarking urbain, la ville attractive soumise à des événements ne convainquent guère ceux qui cherchent d’abord à habiter là où ils sont.

Les populations locales regardent en étrangers des villes branchées et hyperconnectées qui les ignorent. Mais il ne faut pas se tromper, ce n’est pas seulement l’affaire des émergents : ces projets contestés, nous n’en sommes pas avares en Europe !

C’est pourquoi le blocage de la réforme des collectivités territoriales par le Sénat devrait nous inquiéter. À force d’empiler les couches de gouvernance urbaine, d’imaginer des martingales impossible sans s’interroger outre mesure sur les projets urbains, grands ou petits, on va vers des lendemains urbains qui déchantent !"


En France justement, la fronde monte contre "les projets inutiles". Le Monde du 30 juin y a consacré une pleine page et passe en revue les projets les plus contestés.

titreprojets inutiles

On en profitera pour relire le numéro 1 de "Tous Urbains" :

"On n'a sans doute pas suffisamment remarqué à quel point en deux ou trois décennies la mondialisation effective de l'urbain s'est enclenchée et à quel point cela bouleverse jusqu'à nos schémas explicatifs des sociétés.

Pendant longtemps, on a cru (et théorisé) que les modalités des rapports sociaux régissaient l'évolution des espaces de vie : d'où l'illusion d'une forme neutre de territorialisation du social - au sens où le territoire ne constituait qu'une "projection" de l'organisation sociale. Aujourd'hui, en raison même de ce que produit l'urbanisation, l'urbain devient, par un spectaculaire renversement, totalement explicatif des sociétés et de leurs transformations".


Retourner sur le site ibicity
Retourner sur le blog ibi blog

mercredi, 10 avril 2013

"Ville par ville, L'Oréal...."

"Ville par ville, L'Oréal cherche à devancer Estée Lauder en Chine".

Tel est le titre de l'article de l'article que publie Le Monde de ce soir. Le quotidien montre comment la marque de luxe cherche à s'implanter dans les villes "tier 3", ces 261 grosses villes, souvent de plus de 5 millions d'habitants, qui concentrent une clientèle suffisamment aisée pour acheter des produits chers. De son côté, Lancôme comence à regarder les "Tier 4, ces 368 villes importantes situées dans les campagnes".

photo l oreal

Cette exemple illustre la tendance "urbanomics" que l’observateur de tendances TrendWatching avait décrit en 2011 comme une des tendances de fond des prochaines années :

"L’urbanisation reste l’une des principales tendances de fond pour la prochaine décennie. Aujourd’hui, plus de la moitié de la population – 3 milliards de personnes – vit dans des zones urbaines. (…) Comment cela va-t-il changer les manières de consommer ? D’abord, les consommateurs urbains ont tendance à être plus audacieux, plus tolérants, plus libéraux, plus expérimentés, plus enclins à tester de nouveaux produits et services. Dans les marchés émergents, ces effets seront même encore plus prononcés (…). Ensuite, il faut examiner attentivement les « îles urbaines » : seulement 100 villes comptent aujourd’hui pour 30% de l’économie mondiale, et presque la totalité de l’innovation. (…) L’économie de New-York à elle-seule est plus importante que les économies combinées de 46 pays d’Afrique sub-saharienne. Hong-Kong reçoit chaque année plus de touristes annuellement que toute l’Inde (source : Foreign Policy, August 2010). (…) Satisfaire les besoins des citoyens-urbains de ces vastes entités urbaines requiert une approche dédiée, locale, en termes de produits, services et communication, qui reflète, sinon surpasse les approches habituelles par pays".

"11 crucial consumer trends for 2011. Trendswatching" – Traduction personnelle



Chinas l oreal

Voir aussi :

"La nouvelle privatisation des villes" - Revue Esprit - Mars-avril 2011
L'étude de McKinsey qui montre que l'urbanisation des pays émergents entraîne l'émergence de nouveaux consommateurs.
Lien vers le site de L'Oréal


Retourner sur le site ibicity
Retourner sur le blog ibi blog

samedi, 15 décembre 2012

"L'avenir doré du city-branding"

Tel est le titre que le dernier numéro du magazine de prospective Usbek & Rica consacre au marketing des villes.


my name

Extrait :

Dans "Who's Afraid of Niketown" (Episode Publishers, 2004), l'Allemand Friedrich von Borries va plus loin. Ce surprenant ouvrage étudie la façon dont Nike transforme l'espace urbain du Berlin post-chute du Mur, ses friches et bâtiments en ruine, pour ses campagnes de communication. Peu à peu, "l'architecture acquiert pour fonction de convoyer l'identité d'une marque et devient un élément de communication" pur et simple, constate-t-il. L'idée de von Borries : demain, les multinationales pourraient prendre le pouvoir sur les villes, "transformant l'espace urbain en une marque-ville nouvelle".

Ces propos font bien-sûr immédiatement penser aux pratiques actuelles de naming qui se développent aujourd'hui en France, comme à Rouen avec le "Kindarena" ou à Nice, avec l'"Allianz Riviera".

kindarena 2

A Nice, le géant de l'assurance allemand déboursera 1,8 millions d'euros par an pendant 9 ans pour donner son nom au stade de 35 000 places réalisé en PPP par Vinci.

allianz riviera 2



"L'avenir doré du city-branding" - Usbeck & Rica - Hiver 2012

"Le grand stade de Nice baptisé Allianz Riviera" - Nice Matin - 24 juillet 2012



Retourner sur le site ibicity

samedi, 20 octobre 2012

Conséquences économiques de la taille des villes

The Economist analyse une étude récente de McKinsey Global Institute qui montre comment la taille des villes influe sur la compétitivité économique.

Schema Mc Kinsey

Differences in metropolitan populations may help explain gaps in productivity and incomes. Western Europe’s per-person GDP is 72% of America’s, on a purchasing-power-parity basis. A recent study by the McKinsey Global Institute, the consultancy’s research arm, reckons that some three-quarters of this gap can be chalked up to Europe’s relatively diminutive cities. More Americans than Europeans live in big cities: there is a particular divergence in the size of each region’s “middleweight” cities, those that teem just a little less than the likes of New York and Paris (see chart). And the premium earned by Americans in large cities relative to those in the countryside is larger than that earned by urban Europeans.

Pour télécharger : - l'étude de McKinsey : ici - l'article de The Economist : ici

Source : Concrete Gains - The Economist - October 13th 2012

Retourner sur le site ibicity

jeudi, 18 octobre 2012

Méthode pour faire face aux défis des villes

Comment faire face aux défis des villes ?

Le dernier numéro de la Revue Urbanisme y répond notamment à travers deux interviews d'experts. D'abord, à l'occasion de la future Rencontre des Agences d'Urbanisme à Bordeaux, celle de Jean-Marc Offner, directeur général de l'Agence d'urbanisme Bordeaux métropole Aquitaine. Ensuite, dans le cadre du dossier consacré à la prospective territoriale, celle de Stéphane Cordobes, conseiller "prospective, études, veilles et publications scientifiques" à la DATAR.

a

Certaines de leurs analyses et recommandations nous semblent totalement en ligne avec l'approche que, via ibicity, nous défendons.

"Il n'y aura pas de renouvellement de l'action publique sans un renouvellement préalable des méthodes de l'urbanisme, sans un changement de lunettes. (...) C'est tout le pari de la rencontre. Faire passer l'idée que le politique est dans les méthodes ; que les décideurs publics doivent s'intéresser au renouvellement de ces fameuses lunettes, qui seul permettra d'ouvrir l'éventail des problèmes et des solutions". (J.M. Offner)

"Une démarche de prospective est, en effet, un véritable exercice de déconstruction des représentations individuelles et de reconstruction collective de celles-ci. On pense évidemment aux idées reçues qu'il faut combattre, aux blocages cognitifs à surmonter, aux partis-pris idéologiques à dépasser, ou tout simplement à l'ignorance qu'il faut combler. (...) Ce travail sur les représentations est fondamental : il concrétise la mise à distance de la réalité pour mieux la saisir et la comprendre. On ne se contente pas ainsi de chercher vainement des réponses à de vieilles questions, mais on déplace le questionnement pour le rendre plus propice à l'obtention de réponses". (S. Cordobes)

"Réinventer l'expertise territoriale" - interview de Jean-Marc Offner - Urbanisme - septembre/octobre 2012

"Prospective territoriale : vers l'âge de raison" - Stéphane Cordobes - Urbanisme - septembre/octobre 2012

Retourner sur le site ibicity

dimanche, 12 août 2012

Pays émergents : le pouvoir des villes

La très forte urbanisation des pays émergents entraîne l'apparition de nouveaux consommateurs. Elle doit inciter les entreprises qui veulent capter ces nouveaux marchés à avoir des approches ciblées ville par ville, et non plus pays par pays. Elle interpelle également les pouvoirs publics qui doivent investir massivement pour maîtriser cette évolution et encourager la croissance qui en découle. Tel est l'argument de la riche étude que vient de publier le cabinet McKinsey, téléchargeable ici, qui s'intéresse également aux économies développées.

Extrait :

The shifting urban economic landscape is creating new challenges for city leaders and national governments across the globe. Policy makers in rapidly expanding emerging market cities need to manage that process in order to maximize its benefits and avoid future constraints on growth. In the developed world, large cities looking to sustain growth need to forge close commercial, trade, and personal links with the emerging market dynamos—particularly middleweights— that are remaking the urban world.

aout20121

aout20122

aout20123

Source : McKinsey Global Institute - "Urban World and the rise of the consuming class" - June 2012

Cf. également :
"La consommation mondiale favorisée par l'urbanisation" - Les Echos - 7 août 2012

Supersized cities - China's 13 megalopolises - Juillet 2012 The Economist Intelligence Unit

"La nouvelle privatisation des villes", revue Esprit, mars-avril 2011, article dans lequel nous citions un certain nombre de références sur cette tendance (téléchargeable ici).

lundi, 30 avril 2012

"Demain, on sera tous brandés"

A lire dans Usbek & Rica de ce printemps 2012, une interview de Ludovic Houplain, cofondateur de H5, auteur de Logorama, ce film d'animation oscarisé qui a donnée vie à quelque 3000 logos.

photo logorama

Il explique en particulier que leur prochaine exposition, à la Gaîté Lyrique à Paris, montrera "comment, aujourd'hui, l'entreprise tend vers l'Etat et l'Etat vers l'entreprise. En gros, dans les années 1930-1940, les dictatures étaient dans la propagande et les entreprises faisaient leur boulot. Maintenant, les entreprises veulent s'insérer dans la société contemporaine, faire de la démocratie participative, alors que l'Etat veut être toujours plus rentable".

Retourner sur le site ibicity
Retourner sur le blog ibi blog

vendredi, 17 février 2012

De la crise du logement au défi de la ville

Tel est le titre de l'article que nous publions sur la toile à l'invitation du site Débat & Co.

"Le logement s’est invité dans la campagne présidentielle. On ne peut que s’en réjouir, tant ses enjeux sont cruciaux, et toutes les idées bonnes à débattre. Mais, paradoxalement, cette focalisation sur le logement rend encore plus manifeste la grande absente des débats politiques : la ville.

Cette absence de la ville peut s’expliquer pour plusieurs raisons. D’abord, l’élection présidentielle est nationale et pas locale. Sans doute peut-on également y voir une spécificité culturelle : Olivier Mongin, dans Télérama (numéro du 18 au 31 décembre 2010), soulignait ainsi que « Toute notre vision est centralisée. Rappelons la distinction de Fernand Braudel : l’Italie, focalisée sur la ville, est en manque d’Etat. La France, focalisée sur l’Etat, est en manque de ville. L’urbain n’y a jamais été que le prolongement de l’Etat. Cela s’est vu avec la construction des grands ensembles, puis avec la « politique de la ville » en direction des banlieues, et plus récemment avec le projet du Grand Paris ». Nombreux également sont ceux qui considèrent qu’il n’y aurait pas une spécificité du fait urbain et que, par exemple, les problèmes sociaux seraient d’abord sociaux avant d’être urbains.

Pourtant, la ville (entendue au sens large de vaste territoire urbain) est le lieu où s’incarnent aujourd’hui la plupart des grands défis contemporains.

Le premier défi, c’est celui du développement durable, et plus exactement, celui de la ville durable, les villes concentrant les principales émissions de gaz à effets de serre. Pour autant, il s’agit de ne pas se réduire au seul prisme énergétique, mais bien tout autant de traiter du défi de la densité qui est l’une des principales réponses à l’étalement urbain – qui est bien souvent, pour reprendre l’expression de Vincent Renard, un « étalement des pauvres », avec des conséquences sociales qui risquent d’être bientôt dramatiques avec l’envolée des prix du pétrole.

Le deuxième défi, c’est de penser un système de gouvernance adapté à la métropolisation, c’est à dire à ce phénomène de concentration autour des polarités principales, qui, s’il est le gage d’une certaine attractivité, emporte un risque significatif de fragmentation sociale et spatiale.

Enfin, le troisième défi, c’est celui de la privatisation de la ville, avec l’intervention d’acteurs privés de plus en plus concentrés et financiarisés, qui obligent les collectivités locales à réinventer leur rôle comme leurs moyens d’actions, dans un contexte financier public de plus en plus contraint.

Qu’on y prenne garde : les révoltes du Printemps arabe étaient d’abord des révoltes urbaines, et, en France, les très forts taux d’abstention aux dernières élections dans les banlieues « sensibles » doivent inviter à la plus grande vigilance. Certes, la fabrique de la ville est complexe et ne peut appeler de réponses univoques. Pour autant, « quelle ville voulons-nous, collectivement » est une question qui mériterait presque un référendum".

Retourner sur le site ibicity

mercredi, 29 juin 2011

Villes du futur

Sous la houlette de Jean-Pierre Sueur, le Sénat vient de publier un riche et ambitieux rapport sur "Les villes du futur" On y trouvera notamment des interviews de Christian de Portzamparc, Saskia Sassen et Julien Damon. Sont également mentionnés 15 défis, dont le défi économique et financier. Extrait (pages 131-132).

page garde ville du futur

"L’évolution urbaine des dernières décennies a été souvent marquée par le désinvestissement des collectivités territoriales dans la construction de l’espace public au profit de la multiplication des espaces collectifs privés*. C’est une tendance lourde qui remonte au début des années 90 et qui ne semble pas devoir s’infléchir à court ou à moyen terme. Cela concerne à la fois les centres-villes et les banlieues résidentielles. Le système repose sur l’établissement de relations contractuelles entre les collectivités locales et les fournisseurs privés de logements et de services collectifs propres aux copropriétés, centres d’affaires ou centres commerciaux.

S’agissant des centres-villes, c’est aux États-Unis qu’est né le système des partenariats public-privé (PPP) à l’époque de l’administration Reagan qui faisait une forte pression en faveur de la diminution des dépenses fédérales pour réduire le montant des impôts sur le revenu. La ville de New- York a ainsi été la première grande conurbation a autoriser des dérogations en matière d’urbanisme (par exemple un dépassement des coefficients de construction) au profit de promoteurs privés s’engageant, en contrepartie, à fournir des prestations sociales, culturelles ou d’urbanisme (comme la réalisation d’espaces verts, l’installation de mobiliers urbains, la construction de logements sociaux ou la fourniture d’aide à domicile pour certaines catégories de population). Cette phase de co-financement de la ville par les acteurs publics et les acteurs privés est maintenant, dans nombre de situations, dépassée par une nouvelle forme de fabrication totalement privée de la ville par l’application des nouveaux outils de la finance anglo-saxonne.

Dans une analyse particulièrement pertinente**, Isabelle Baraud- Serfaty souligne les effets de la présence de plus en plus forte des investisseurs privés dans le phénomène urbain, présence qui ne peut que s’accentuer dans les prochaines décennies du fait la montée de l’endettement public. (...)

Cette évolution semble d’autant plus probable dans les prochaines décennies que les tendances technologiques poussent à l’entrée de nouveaux acteurs privés dans la fabrication de la ville, par exemple dans le domaine de l’énergie avec la création des réseaux électriques intelligents (Smarts Grids) sur la base de synergies entre la distribution classique de l’électricité et l’exploitation de l’information fournie par des capteurs de différents types. Ces nouveaux outils technologiques, que seules les grandes compagnies peuvent fournir, s’imposent aux villes qui veulent rester attractives pour le développement de la voiture électrique en libre service, pour l’offre d’informations aux usagers sur les flux de transports multi-modes, pour la réduction des émissions de carbone dans le cadre de projets complexes de récupération de l’énergie ou de la chaleur".

1 La production privée des espaces publics, Renaud Le Goix, Céline Loudier-Malgouyres, Les annales de la recherche urbaine

2 La nouvelle privatisation des villes, Isabelle Baraud-Serfaty, Esprit, mars-avril 2011