Bonne année ! En attendant notre carte de voeux, on pourra lire l'interview que nous avons réalisée de Bernard Landau, spécialiste du génie urbain au XIXème siècle, dans le dernier numéro de la Revue Foncière.

 

Extrait :

La création et la généralisation des trottoirs au XIXe siècle participent du mouvement plus global d’adaptation et de modernisation de la ville. Quelle que soit la largeur des nouvelles rues créées ou des percées haussmanniennes réalisées à Paris entre 1853 et 1900 (et dans la quasi-totalité des grandes villes), la largeur des rues était uniformément calibrée à 17 mètres. Le développement de la circulation automobile dans les années 1920 conduira à élargir un peu partout les chaussées. Les trottoirs, terre-pleins, allées et contre-allées sont de largeurs variables et le plus souvent plantés d’arbres ou de parterres fleuris introduisant massivement la nature dans la ville. Ces dispositifs ont permis de privilégier l’implantation des réseaux techniques en général sous les espaces non « circulés », et donc facilement accessibles sans « couper la circulation », que sont les trottoirs. Qu’il s’agisse de la distribution du gaz, de l’extension des réseaux d’eau potable qui sont installés dans les égouts (ouvrages réalisés par la Ville de Paris et lui appartenant), de l’air comprimé qui alimentera les horloges publiques et les ateliers des artisans et des industries, ou des premières compagnies de transports en commun, on a assisté à un regroupement progressif des petites compagnies en de plus gros opérateurs.

De 600 000 habitants en 1800 Paris aura plus de 2 300 000 habitants un siècle plus tard et aura presque doublé de surface. Les trottoirs auront permis d’accueillir dans leur tréfonds la quasi-totalité des réseaux nécessaires à de telles mutations. L’espace public de cette période, l’espace de la « voie publique », était conçu, réalisé et géré de façade à façade comme une infrastructure globale et complexe en surface et en tréfonds, mise au service de la vie citadine.

L'interview de Bernard Landau est accompagnée de repères bibliographiques, et d'un encadré sur "le trottoir, symbole de la ville des plateformes".

A lire également dans ce numéro, entre autres, un article de Joël Idt sur le financement des coûts induits de l'urbanisation, un article de Joseph Comby sur les communs.

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