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[billet garanti (presque) sans trottoirs]

M3, le site de prospective de la Métropole de Lyon publie notre article qui revient sur dix « bascules », rappelant comment était vu l’impact du numérique sur la ville, puis comment les usages numériques l’ont effectivement transformée. Merci à Jean-Loup Molin, Nicolas Leprêtre et Eddy Maaroufi pour ce travail qui résulte pour une grande part de nos échanges.

Introduction :

« Sociologie du numérique »,  « Culture numérique », « Gouverner la ville numérique », « Homo Numericus. La civilisation qui vient », ou encore, dans le registre du roman, le récent « Les liens artificiels » sont autant d’ouvrages parmi d’autres qui insistent sur les changements majeurs que provoque la « révolution numérique ».

Chacun peut d’ailleurs constater ces changements dans sa propre évolution ou dans celle de ceux qui l’entourent : les jeunes échangent sur Instagram ou Snapchat, tandis que même les seniors travaillent sur Zoom ou font leurs courses en ligne sur Amazon, et ont troqué leur lecteur de DVD ou de CD contre un abonnement à Netflix ou Spotify. « L’Indispensable » plan des villes a disparu pour laisser la place à la consultation de Google Maps pour chercher son adresse, tandis que de plus en plus d’habitants des villes se déplacent en conduisant des trottinettes électriques qu’ils déverrouillent sans clef et payent autrement qu’en versant de l’argent à un caissier.

Tout changerait donc ! Et tellement vite ! Mais pour autant, les villes se métamorphosent-elles tant que cela ? Google n’a toujours pas construit de maisons et le projet de Sidewalk Labs à Toronto a été abandonné. On peut encore se promener dans les rues d’une ville moyenne comme Bourges en utilisant un plan de 1400, tandis qu’à Paris, les immeubles Haussmanniens n’ont jamais paru aussi adaptés aux modes d’habitat moderne. De même, les « batailles des trottoirs » auxquelles on assiste ces dernières années à propos des trottinettes en libre-service ou des terrasses sont à chaque fois présentées comme une nouveauté alors qu’elles font écho à celles de la fin du 19ème siècle – en 1882, un architecte belge se plaignait de l’encombrement des trottoirs par les poussettes qui venaient de faire leur apparition – voire de l’époque romaine (l’empereur Domitien réprimait une utilisation anarchique des rues par les commerçants).

Alors ? Qu’est-ce qui relève d’une forme de permanence ? Ou au contraire d’une évolution durable et profonde ?

Pour y voir plus clair, cet article propose un inventaire des problématiques qui étaient au centre du jeu il y a quelques années en ce qui concerne le numérique en ville et qui ne le sont plus. Pourquoi telle problématique qui apparaissait si importante hier – l’économie du partage, la smart-city – est-elle abordée différemment aujourd’hui ? À l’inverse, y-a-t-il des réalités majeures aujourd’hui dont les prémices avaient été sous-estimés quelques années auparavant ?

L’objectif de ce travail est d’aider à prendre du recul dans l’analyse des tendances actuelles, de manière à bien poser les enjeux dans une perspective prospective. Il s’agit aussi de montrer que le numérique est moins univoque que la manière dont il est parfois abordé, avec ses « partisans » comme ses « détracteurs », qu’il revêt des réalités plurielles, et qu’il est porteur à la fois de menaces et d’opportunités – avec l’idée que dans tous les cas il amène à regarder la fabrique urbaine avec de nouvelles lunettes.

L’article décortique ainsi dix « bascules » et dresse une photographie à un instant T (« aujourd’hui »). L’analyse de ces bascules, lesquelles ne sont pas étanches, est parfois fondée sur une perception des tendances plus que sur des réalités objectivées par des chiffres, d’où un fort recours à des unes de journaux et à des illustrations. Avec un effet souvent déformant liée à la mise en valeur, dans les débats, les journaux, de certaines thématiques ou de certains acteurs plutôt que d’autres. Pour un Uber systématiquement cité, combien de LeBonCoin plus discrets ?

La suite est à lire : ici.

Et pour ceux qui ne résisteraient pas à questionner le tournant numérique des trottoirs, ils peuvent lire, en anglais : The new value of curbs !

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