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Mot-clé - Vinci

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lundi, 30 mars 2015

Blablacar, Vinci, Orange, Nexity et la route intelligente

"Vinci Autoroutes s'allie avec Blablacar pour conserver ses automobilistes", titrait la Tribune le 26 mars dernier. Vinci offrira désormais gratuitement l'abonnement à la carte de télépéage aux membres de Blablacar. Si l'intérêt de Blablacar est manifeste (Vinci s'engage notamment à communiquer sur le service de Blablacar), l'intérêt de Vinci s'explique par la menace des deux produits de substitution que sont : la route plutôt que l'autoroute si celle-ci est perçue trop chère, et le train - surtout lorsque la SNCF lance des offres pour justement riposter au covoiturage.

blablacar

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samedi, 15 décembre 2012

"L'avenir doré du city-branding"

Tel est le titre que le dernier numéro du magazine de prospective Usbek & Rica consacre au marketing des villes.


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Extrait :

Dans "Who's Afraid of Niketown" (Episode Publishers, 2004), l'Allemand Friedrich von Borries va plus loin. Ce surprenant ouvrage étudie la façon dont Nike transforme l'espace urbain du Berlin post-chute du Mur, ses friches et bâtiments en ruine, pour ses campagnes de communication. Peu à peu, "l'architecture acquiert pour fonction de convoyer l'identité d'une marque et devient un élément de communication" pur et simple, constate-t-il. L'idée de von Borries : demain, les multinationales pourraient prendre le pouvoir sur les villes, "transformant l'espace urbain en une marque-ville nouvelle".

Ces propos font bien-sûr immédiatement penser aux pratiques actuelles de naming qui se développent aujourd'hui en France, comme à Rouen avec le "Kindarena" ou à Nice, avec l'"Allianz Riviera".

kindarena 2

A Nice, le géant de l'assurance allemand déboursera 1,8 millions d'euros par an pendant 9 ans pour donner son nom au stade de 35 000 places réalisé en PPP par Vinci.

allianz riviera 2



"L'avenir doré du city-branding" - Usbeck & Rica - Hiver 2012

"Le grand stade de Nice baptisé Allianz Riviera" - Nice Matin - 24 juillet 2012



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jeudi, 18 octobre 2012

"La ville en morceaux ou la généralisation des macro-lots"

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L'impact des logiques d'acteurs et de la privatisation de la ville sur les formes urbaines est un de nos sujets de prédilection. Pour poursuivre l'analyse entamée avec Françoise Fromonot, nous interviewons cette fois-ci, toujours pour Etudes Foncières, Jacques Lucan, qui a publié en juin 2012 un ouvrage très stimulant : "Où va la ville aujourd'hui ?".

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Extraits :

Mon constat est que, petit à petit, on fabrique la ville à l’ilot. Or il est symptomatique que cette évolution se fait progressivement, presque subrepticement. Par exemple à Boulogne, les premières opérations du Trapèze se passaient sous forme de découpage d’un îlot en grandes parcelles, et plus l’opération avance, plus l’ilot devient l’unité d’opération et il n’y a plus de parcelles. L’îlot devient une seule unité foncière.

De surcroît, tous les bâtiments sont totalement liés les uns et aux autres, d’autant plus que le sous-sol est souvent un seul parking, ce qui fabrique des espèces de châteaux. Donc, non seulement la ville se fabrique à l’îlot, mais en plus chacun de ces îlots est un méga-bâtiment ou une mégastructure.

Une autre spécificité de ces îlots dénommés « macro-lots » est le fait qu’ils sont constitués de plusieurs programmes (logements en accession à la propriété, logements sociaux, bureaux, équipements), donc de plusieurs maîtres d’ouvrage, et que ces programmes sont conçus par plusieurs architectes. Une caractéristique forte, notamment à Boulogne, est que les logements sociaux sont réalisés par des maîtres d’ouvrage privés (les promoteurs) et cédés à des bailleurs sociaux, qui deviennent de fait des investisseurs-utilisateurs et se retrouvent associés à plusieurs investisseurs individuels dans des régimes de propriété partagée (copropriétés ou divisions en volumes).


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Quand on parle des acteurs privés, il me semble qu’il faut bien faire la différence entre les maîtres d’ouvrages qui ne sont pas constructeurs et sont juste promoteurs de ceux qui sont à la fois promoteurs et constructeurs. Tous les grands opérateurs constructeurs (Vinci, Bouygues, Eiffage, notamment) sont d’abord des constructeurs, même si par exemple chez Vinci, entre Vinci Construction et Vinci Immobilier, il peut certes y avoir des différences d’approche. Or, il me semble qu’il y aurait une enquête plus précise à faire - ce que je vais dire relève plus de l’intuition que de la démonstration : les innovations architecturales et constructives (du type ossatures bois par exemple), ne sont-elles pas plus faciles avec des bailleurs sociaux qu’avec des gros promoteurs-constructeurs ? J’ai parlé tout à l’heure de l’enjeu du renouvellement urbain. A partir du moment où on dit que les opérations à l’ilot vont se développer, il est impératif de rendre possible le renouvellement urbain (un programme ne va nécessairement pas être le même ad vitam aeternam). Donc il ne faut plus construire avec des voiles de béton. Mais les grandes entreprises de construction ne construisent quasiment qu’avec des voiles. Or percer un voile, même faire une porte dans un voile, c’est déjà une opération lourde. Donc la souplesse et le renouvellement possible nécessitent d’avoir un système de construction poteau-dalle et non plus de voiles porteurs, qui permette modifier la configuration des bâtiments. A Paris, les bureaux ont pu être transformés en logements car ils étaient construits en poteaux-dalles. Cette omniprésence des voiles est certainement liées aux habitudes, sans doute à un coût moindre, sans doute au lobby du béton et des cimentiers (si on fait des voiles, on emploie plus de ciment que si on fait du poteaux-dalles).


L'interview est téléchargeable sur le site de la revue Etudes Foncières.

Etudes Foncières n°159 - Juillet-août 2012 - Interview de Jacques Lucan, par Isabelle Baraud-Serfaty.

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dimanche, 8 janvier 2012

"L'urbanisme mondialisé à la française"

Françoise Fromonot avait publié en 2005 un petit livre absolument passionnant sur le projet des Halles (La campagne des Halles - Editions La Fabrique - 2005)

campagne des halles

S'appuyant cette fois-ci sur l'opération d'aménagement des terrains Renault à Boulogne-Billancourt, elle publie dans la revue "D'A" de décembre dernier un article très stimulant sur "L'urbanisme mondialisé à la française". Elle y analyse notamment les évolutions de la fabrique urbaine et la nouvelle place des architectes-urbanistes dans ce contexte.

EXTRAIT :

"Ces opérations sont menées depuis des décennies par les mêmes aménageurs, qui embauchent des urbanistes en chef venus des mêmes horizons et puisent, pour remplir leurs plans-masses, leurs architectes dans les écuries habituelles. (...)

Des mutations de taille sont pourtant intervenues en trente ans. Si la mondialisation a entraîné une demande croissante d'icônes architecturales, elle a surtout réorganisé l'économie de l'immobilier et du bâtiment dans le sillage du capitalisme financier. En France, le secteur du BTP se résume maintenant à trois majors (Bouygues, Eiffage, Vinci) qui se partagent le plus gros des marchés de la construction, d'autant mieux qu'ils ont ramifié leur activité vers l'immobilier. Les déductions fiscales instaurées par l'Etat pour l'investissement dans le logement locatif neuf ont fortement stimulé la construction d'habitat, transformant celui-ci en produit financier aussi attractif qu'abstrait. L'offre des nouveaux quartiers tend à se calquer sur la commande de plans standardisés, anonymes, où leurs acquéreurs ne vivront pas. La crise énergétique et ses conséquences, l'obligation d'inscrire le développement durable à l'agenda de l'architecture et de l'urbanisme - favorisée par l'industrie de la construction, qui en convoite les débouchés, et par les promoteurs qui, surfant sur l'idéologie ambiante, font de l'écologie un argument de vente -, toutes ces évolutions ont dramatiquement accu les prescriptions auxquelles doivent se conformer les projets".

Fromonot

A lire également dans ce numéro de D'A un intéressant dossier sur : "L'attractivité des métropoles, nouveau sport ?"

vendredi, 19 août 2011

Les chiffres de l'été 2011

Le tableau de chiffres que nous avions publié dans Esprit sur "la nouvelle privatisation des villes" avait interpellé de nombreux lecteurs (cf. ci-dessous). Aussi, de la même manière, nous nous proposons de reprendre ici les chiffres marquants de l'été 2011 (entre le 15 juillet et le 15 août).

chiffres ette

sources chiffres

chiffres

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mardi, 5 juillet 2011

Villes intelligentes : qui fait quoi ?

Les Echos du 30 juin 2011 s'intéressent aux villes intelligentes et ... citent IBICITY.

Villes intelligentes
Pour télécharger l'article, cliquer ici.

Villes intelligentes : de nouveaux opérateurs entrent en scène - Les Echos - jeudi 30 juin 2011

mercredi, 7 avril 2010

La ville durable, nouvelle frontière pour les entreprises

« Pourquoi le coton bio », « Un café sans gobelet », « Une seconde vie pour vos livres », « Parcours éco-citoyen à dos de poney »… Tandis que l’Etat vient de surseoir à la mise en œuvre de la taxe carbone, le programme des manifestations de la « semaine du développement durable » qui a démarré ce 1er avril peut parfois prêter à sourire mais il témoigne d’un engouement populaire indéniable pour ce nouvel impératif. Parallèlement, la présence de grands groupes parmi les partenaires de l’opération est le signe que la conversion des entreprises au développement durable a bien eu lieu, au moins dans les discours – ce qui est déjà un point de départ – sinon dans les actes. Surtout, une autre conversion, plus discrète mais très significative, est en train d’émerger : de plus en plus, les entreprises se définissent comme des acteurs de la ville – durable, cela va de soi.

© Veolia Images de publicités du groupe Véolia visant à montrer des villes copiant la nature

Un tel affichage n’est pas surprenant quand il émane de groupes spécialisés sur les services urbains (cf. ci-dessus la récente campagne de publicité de Veolia sur fond de villes vues du ciel) ou l’immobilier (il y a quelques années, Nexity se vantait de construire chaque année l’équivalent d’une ville comme Biarritz). Il est en revanche très novateur lorsqu’il est porté par des entreprises dont le cœur de métier semble de prime abord plus éloigné des enjeux urbains. Siemens, l’un des premiers fabricants mondiaux d’équipements électriques et électroniques, constitue ainsi un cas d’école : son mot d’ordre est désormais « innover pour une ville durable » (cf. Les Echos du 22 mars 2010), c’était l’un des principaux partenaires du Forum Urbain Mondial qui vient de s’achever à Rio sous l’égide de l’ONU-Habitat, et son nouveau site internet est le reflet de cette ambition : la dimension urbaine est dorénavant au cœur de la stratégie du groupe allemand. Même si c’est à un moindre degré, d’autres exemples témoignent de cette nouvelle tendance : en France, Vinci ou PSA ont mis en place des think-tank urbains et BNP Paribas a récemment fait une vaste campagne publicitaire dans la presse écrite pour rappeler qu’il est le premier employeur privé de Seine-Saint-Denis.

Site internet Siemens - 12-4-2010

Pour une entreprise, se définir comme un acteur des villes, c’est d’abord une stratégie commerciale qui prend acte du fait que, sous l’effet de l’urbanisation et de l’affaiblissement du niveau national, les autorités publiques locales sont devenues, un peu partout dans le monde, des entités politiques et économiques puissantes et autonomes (il est par exemple significatif que des villes aient directement ratifié le protocole de Kyoto). Or, sous l’effet conjugué d’une diminution de leurs moyens financiers et techniques, et de politiques publiques favorables aux partenariats public-privé, ces autorités municipales ou régionales ont de plus en plus recours à des partenaires privés qu’elles choisiront d’autant plus volontiers qu’ils leur proposeront des solutions clefs-en-main. Se définir comme un acteur des villes, c’est aussi s’affirmer comme une entreprise citoyenne : par exemple, les grandes groupes de distribution sont de plus en plus souvent accusés de produire une « France moche » et ont tout intérêt à désamorcer ces critiques.

Télérama - du 13 au 19 février 2010

Mais la conversion des entreprises à la ville durable n’est pas qu’un enjeu de business. Elle permet surtout de « refonder la fabrique de la ville » et de répondre ainsi à l’injonction lancée fin mars à Rio par l’ONU (cf. Le Monde du 28-29 mars 2010). Car, en se construisant comme acteur de la ville durable, les entreprises désignent les villes (au sens institutionnel) comme l’une de leurs principales parties-prenantes, et, réciproquement, elles se revendiquent elles-mêmes comme parties-prenantes des villes. Elles jettent ainsi les bases qui permettront d’inventer les nouveaux modèles économiques de la ville durable, qui sont une condition de sa faisabilité au moins aussi nécessaire que les appels à la vertu. En matière de ville durable comme de déchets, le taux de rendement interne (T.R.I.) importe autant que le tri !


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