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Mot-clé - Ville intelligente

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mardi, 30 décembre 2014

Aménagement et smart city : lancement de TETRIS URBAIN

Après MIKADO, outil d'audit valeur des projets urbains (ici), ibicity lance : TETRIS URBAIN.

TETRIS URBAIN est un outil permettant de définir de manière simple et rapide mais contextualisée un positionnement stratégique sur les thématiques de la "smart city", à l'échelle d'un projet urbain ou d'un territoire de projets, se basant notamment sur une analyse des logiques d'acteurs et des "marqueurs smart" du territoire.

matrice acteurs

TETRIS URBAIN est développé conjointement par ibicity et Une autre ville.

Il part du constat que la thématique de la « smart city » ou de la « ville intelligente » sature aujourd’hui les discours sur la ville, sans que chacun sache très bien ce qu’elle recouvre. Ce flou, conjugué à une approche souvent très techno-centrée, présente deux écueils pour les collectivités locales et leurs outils, au premier rang desquels les aménageurs : ou bien ils ne se sentent pas concernés ; ou bien, ils ne savent pas comment se saisir de cette question.

Pourtant, l’émergence de ce thème renvoie à une vraie réalité : la ville est saisie par la révolution numérique, ce qui entraîne une transformation radicale de ses modes de production et de fonctionnement. En effet, la ville intelligente est d’abord une ville coproduite : les nouvelles technologies créent de nouvelles étapes dans les chaînes de valeur qui permettent l’arrivée de nouveaux entrants, tandis que le croisement entre secteurs (par exemple entre l’énergie et l’immobilier, ou entre l’énergie et la mobilité, ou entre l’immobilier et la mobilité) se développe sous l’effet aussi de l’impératif de la ville durable et de la montée en puissance de l’usager-utilisateur- consommateur. Les modes de faire évoluent vers davantage de coproduction, à la fois privée-privée et publique-privée, et la question-clé est alors celle de la manière dont chaque acteur s’organise pour garder la maîtrise de sa création de valeur. Faute de ne pas se saisir de cette question, le risque est que d’autres s’en saisissent.

Dans ce contexte, les acteurs publics locaux, et notamment les SEM d'aménagement ou SPL qui sont dans une logique d’offre de services aux collectivités, doivent impérativement comprendre comment la révolution numérique bouleverse leurs modes de faire traditionnels, en même temps qu’ils doivent repenser leur stratégie de fabrique urbaine.
smart city comme combinatoire

Si vous souhaitez recevoir une présentation de TETRIS URBAIN, vous pouvez envoyer un mail à ibicity@ibicity.fr.


Si vous souhaitez lire nos précédents billets sur la ville intelligente, cliquez sur le titre du billet :
- les espaces publics dans la ville intelligente
- le paradoxe de la ville intelligente, suite
- le numérique dévore la ville
- à ne pas lire en cas d'overdose du terme smartcity
- "le tsunami numérique", ou le paradoxe de la ville intelligente


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jeudi, 9 octobre 2014

Les espaces publics dans la ville intelligente

Liège…. Ses cafés, ses gauffres, sa gare de Calatrava mais aussi son colloque biennal international organisé par l’AMCV, l’Association du Management du Centre Ville, qui pilote notamment le programme « Lively-cities : reclaim public space for public use ». Nous étions invités à intervenir ce matin sur « les espaces publics dans la ville intelligente ». L’occasion de reprendre certains points déjà évoqués ailleurs, comme la mutation des modes de production de la ville sous l’effet de la triple mutation « REVOLUTION NUMERIQUE + VILLE DURABLE + CRISE FINANCIERE » (voir ici et ici). Mais aussi l’occasion d’interroger d’autres aspects centrés plus spécifiquement sur les espaces publics.

La forme des villes change-t-elle lorsqu’elles sont intelligentes ?

Une promenade, par exemple, dans le « fort numérique » d’Issy-les-Moulineaux (12 hectares développés par Bouygues Immobilier, 1600 logements programmés, 3500 habitants à terme dont 3000 déjà présents) nous convainc que les formes urbaines ne sont pas, ou peu, impactées par la dimension « smart city ».

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C’est d’ailleurs ce que soulignait Antoine Picon, lors de sa stimulante intervention à la journée du PUCA du 8 juillet dernier. En substance, ce professeur à Harvard et auteur de « Smart cities » (Editions B2) notait le paradoxe suivant : d’un côté, le numérique est en train de devenir de plus en plus spatial, de l’autre, la forme urbaine a été très peu touchée - le projet de Songdo en Corée est par exemple très conservateur sur le plan de la forme urbaine. Pour autant, soulignait-il, on est face à un espace qui est en train de changer de nature, sous l’effet notamment de la réalité augmentée et de la géolocalisation. Donc, la forme urbaine n’a peut-être pas encore changé mais l’espace est transfiguré : l’intelligence va être très spatialisée (« spatialité du cerveau »), et les cartes de la ville ont changé, d’où l’importance du terme « mapping », qui devient synonyme du « monitoring ».

Il faut lire également l’article précurseur (il date de 2008) de Dan Hill : « The street as a platform », qui montre comment les transformations par la data des espaces publics sont invisibles à l'oeil nu, mais en même temps très profondes :

"The way the street feels may soon be defined by what cannot be seen with the naked eye".

"Informational systems are beginning to profoundly change the way our streets work, the way they are used, and the way they feel. This in itself presents a major challenge for the existing practice and vocabulary of planning".

"Considering the non-visual senses might be a better analogy when it comes to perceiving the way data affects i.e. looking at the way the streets sounds, feel or smells".


La notion d’espace « public » est-elle encore pertinente ?

Dans le dossier que le magazine d’A consacrait en 2007 à « la ville est-elle encore publique ? », nous pointions déjà que les différents registres de la distinction public-privé (accessibilité, réalisation, propriété, gestion) étaient en train de se chevaucher : traditionnellement, en France, un espace public est non seulement un espace accessible à tous, mais il est également réalisé par la collectivité, qui en est aussi le propriétaire et le gestionnaire ; désormais, on peut avoir des voiries réalisées par les opérateurs privés, ou qui leur appartiennent.

registres public privé

Dans le cas d’un « boulevard intelligent», comme celui de Nice, on peut faire l’hypothèse que la réalisation se fera encore sous la houlette d’un maître d’ouvrage public (avec un rôle important des acteurs privés), mais que la gestion sera dans bien des cas privée. On en veut pour indice l'apparition d'un nouveau métier : celui de "l'agrégateur", pris en charge, à Nice, par Veolia : "l’agrégateur est un acteur qui se place en intermédiaire entre les gestionnaires des réseaux de transport et de distribution, les producteurs décentralisés et les consommateurs. Ce rôle d’intermédiaire, voire de coordinateur, est prépondérant vis-à-vis de gros consommateurs, industriels et gros tertiaires par exemple. Il se double d’un rôle de « mutualisateur » pour les petits clients ; il aide à en gérer le foisonnement et, en agrégeant leurs consommations, en permet la prise en considération dans les mécanismes de réduction de la pointe de consommation ou, plus généralement, dans les processus de gestion de la demande. Il y a deux sortes d’agrégateurs : l’agrégateur technique et l’agrégateur économique". (source : Charte Smart Grid Côte d'Azur - Novembre 2012)

agregateur

La question de la « maille urbaine »

Lors du colloque du 3 juillet sur les "villes sobres" organisé par l'Ecole des Ponts, Sciences Po et Safège, Dominique Lorrain (Chaire Ville Ecole des Ponts Paristech, CNRS) pointait la problématique de la maille de fabrication et de gestion de la ville :

"Dans les solutions qui se profilent quel sera l'équilibre entre les grands systèmes techniques et les petits systèmes décentralisés ? Historiquement le développement des villes reste inséparable de celui des réseaux techniques. Le 19e siècle a vu s'ajouter aux adductions d'eau potable d'autres systèmes techniques : les égouts d'évacuation des eaux pluviales et des eaux usées, les réseaux de transports en commun, les systèmes de distribution de l'électricité et du gaz. Tous participaient d'un modèle aux propriétés à la fois techniques, spatiales, économiques, politiques et sociales : le réseau unique, de forme réticulaire, organisé en monopole et visant au service universel. Cette tendance à l'équipement n'a cessé de se poursuivre pour déboucher sur des villes de plus en plus organisées à partir de réseaux et de grands équipements. Ce modèle se trouve mis en question au profit de solutions décentralisées pour la production d'énergie ou d'eau potable, pour l'organisation de symbioses urbaines.

C'est une histoire déjà vécue dans d'autres industries : elle s'appelle miniaturisation, individualisation. Ce fut le cas dans le transport avec le passage du chemin de fer (collectif), à l'automobile (individuelle).
 Ce fut plus intense dans l'informatique avec la séquence mini-ordinateurs // micro-ordinateurs // smarphones. Pour les villes ce type de transformation serait de grande portée car elle modifierait plusieurs principes fondateurs : i) le principe qu'il ne peut y avoir efficacité et qualité que par la grande échelle serait contesté par une organisation au niveau quartier// îlot// bâtiment; ii) le principe de séparation fonctionnelle entre des bâtiments (privés), des rues (publiques) et des fluides qui empruntent les rues pour servir les bâtiments, serait remplacé par des circuits d’échanges courts (cascades) et des bâtiments intégrateurs (multi-fonctionnels)" (Dominique Lorrain)

De même, la Charte Smart Grid Côte d'Azur, comme l'étude de la Fabrique de la Cité (Vinci) "Quel rôle pour les villes dans la transition énergétique ?" pointent cet enjeu de la maille, ou plutôt des mailles pertinentes (cf. ci-dessous le schéma extrait de l'étude de la Fabrique de la Cité).

mailles

Là, encore cela brouille les limites traditionnelles entre espaces publics et privés, en même temps que cela interroge sur les nouveaux modes de gestion pertinents.

mailles


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mercredi, 23 avril 2014

A ne pas lire en cas d’overdose du terme "smart city"

Plus le terme de « smart city » se répand, et plus il apparaît que personne ne sait très bien ce qu’il désigne. C’est ce que décrit avec humour Francis Pisani dans sa dernière chronique de la Tribune, « C’est quoi, une smart city ? » :

« Tout le monde utilise le terme smart city et presque personne n’en est content. Chaque fois que j’interroge un interlocuteur sur l’intelligence de sa ville, il commence par me demander ce que j’entends par là. Et je suis obligé de répondre par des contorsions orales, des phrases qui n’en finissent pas, qui ne sortent pas toujours dans le bon ordre et ne convainquent personne. Heureusement, mes interlocuteurs sont presque tous dans la même situation que moi et la conversation peut s’engager. Mais il nous faut au moins un cadre de référence ; or il n’y en a pas aujourd’hui de couramment accepté ».


C’est donc pour avoir la réponse à cette question, « C’est quoi, une smart city ? », que nous nous sommes précipités pour acheter, en version papier s’il-vous-plaît, « Smart », le dernier livre de Frédéric Martel, sorti ce matin, qui consacre un chapitre à la « smart city ».


couverture smart

Alors, il faut le dire, au début, nous avons été un peu déçus. Car, l’auteur fonce bille-en-tête sur quelques exemples plutôt techno-centrés (Skolkovo en Russie, Konza City au Kenya, Porto Digital au Brésil, Israël en général), et ne prend pas le risque d’une véritable définition, pas plus qu’il ne cherche à caractériser les smart cities.

Mais cette déception a été bien vite levée. Car notre erreur a été de croire que le livre de Frédéric Martel ne parlait de la ville intelligente qu’au travers de ce chapitre « smart city ». Or, au fond, c’est tout son livre qui parle du rapport entre le numérique et la ville (ou plus exactement le territoire), et c’est finalement bien cela qui nous intéresse, et qui est passionnant.

« Le numérique, contrairement à ce que l’on peut penser spontanément, est donc essentiellement territorialisé. La clé du succès sur le web, y compris pour les géants du net, se résume en une formule célèbre : « location, location, location » (…). On parle aussi désormais de « location awareness », c’est-à-dire de la capacité d’un site, d’une application ou d’une carte, d’être compatible avec les territoires – la matrice de son succès. Avec le mot « smart », le préfixe « géo » est l’un des plus utilisés aujourd’hui sur internet : pour « géolocalisation » ». (page 367)

« Cette dimension territorialisée d’internet devrait même se renforcer dans les années à venir, du fait de la généralisation de l’accès au web et des smartphones. Le futur d’internet n’est pas global, il est ancré dans un territoire. Il n’est pas globalisé, il est localisé. Il faut d’ailleurs cesser de parler d’ « Internet », avec majuscule, mais lui préférer les « internets », en minuscule et au pluriel – et je l’écrirai ainsi dans ce livre. Mon sujet c’est cela : la diversité des internets. » (page 18)

Bon bon bon, mais quand même, c’est quoi une smart-city ? Dans l’intervention que nous avions faite à l’Institut de l’entreprise iciibsvideo, nous proposions une double définition. Dans une première acception, la ville intelligente, c’est la ville saisie par la révolution numérique, et, alors, toute ville est de fait intelligente. Dans une deuxième acception, la ville intelligente, c’est une ville qui se dote d’une stratégie pour optimiser, via l’usage du numérique, son fonctionnement quotidien, et alors seules les villes qui, d’une part, ont la volonté de développer cette dimension numérique, et d’autre part, qui ont les moyens de déployer les infrastructures techniques nécessaires, sont intelligentes.

NB : On retrouve cette double approche dans un article très intéressant d’Amel Attour et Alain Rallet, qui proposent notamment le schéma suivant :

schema attour rallet

Sources :


"C'est quoi, une smart city ?" - Francis Pisani - La Tribune - 18 avril 2014

Smart - Frédéric Martel - Stock - 2014

« Le rôle des territoires dans le développement des systèmes trans-sectoriels d'innovation locaux : le cas des smart cities » (Innovations, 2014/1 n° 43, p. 253-279)



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mardi, 5 juillet 2011

Villes intelligentes : qui fait quoi ?

Les Echos du 30 juin 2011 s'intéressent aux villes intelligentes et ... citent IBICITY.

Villes intelligentes
Pour télécharger l'article, cliquer ici.

Villes intelligentes : de nouveaux opérateurs entrent en scène - Les Echos - jeudi 30 juin 2011

lundi, 7 mars 2011

La nouvelle privatisation des villes

L'intervention des acteurs privés dans la ville, notamment en France, prend désormais des formes inédites : accélération de la privatisation classique, nouvelles portes d'entrée dans la ville, rôle central de l'usager-habitant, financiarisation de la fabrique urbaine. Elle pose des questions tout aussi inédites...

couverture esprit

Tel est l’objet de l’article (téléchargeable ici) que nous venons de publier dans le dernier numéro de la revue Esprit, consacré notamment aux reconfigurations territoriales. A lire également dans ce numéro :

- un entretien avec Vincent Feltesse, président de la Communauté Urbaine de Bordeaux et président de la Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme (FNAU)
- un article de Jacques Donzelot sur le « chantier de la citoyenneté urbaine ».

Premier extrait : L’urbanisation des stratégies

Extrait 1 Esprit

Second extrait : Définition de la privatisation des villes

Encadré Esprit

Isabelle Baraud-Serfaty, "La nouvelle privatisation des villes", Revue Esprit, mars-avril 2011, téléchargeable ici

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