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Mot-clé - Privatisation

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vendredi, 6 juin 2014

Article dans la Tribune sur la "privatisation" de la ville


Le journal économique La Tribune publie aujourd'hui notre analyse sur la "privatisation" de la ville et les recompositions de la chaîne de l'immobilier (téléchargeable ici).

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Nous y défendons trois idées :

1) Même si le terme de "privatisation de la ville" est à la mode, ce à quoi on assiste, ce n'est pas tant à un remplacement de l'acteur public par l'acteur privé, qu'à l'émergence de relations plus partenariales entre aménageurs et promoteurs.

2) Ces nouvelles manières de faire dessinent une image saisissante où la chaîne de valeur classique de l'immobilier se désintègre et se recompose selon des configurations multiples et inédites. La "privatisation" du projet urbain n'est ainsi que la partie émergée de l'iceberg qu'est la mutation des modes de production de la ville.

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3) La question clé est alors celle de la manière dont chaque acteur s'organise pour garder la maîtrise de sa création de valeur et, en particulier, comment le public renouvelle ses modes d'action pour contrôler ce processus de fabrication du projet urbain, devenu très complexe.


Cet article constitue en quelque sorte la version raccourcie de l'article que nous avons publié dans la revue "Actes Pratiques et Ingénierie Immobilière" : ici.



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A lire également sur ce sujet :


- la SEM à opération unique, nouvel outil de la coproduction public-privé : ici

- lorsque la Région Ile-de-France écrit que "les investisseurs privés seront les arbitres des CDT" : ici

- l'impact de la révolution numérique sur la chaîne de l'immobilier : ici

- notre intervention à l'Ecole d'Architecture sur le thème : "moins de public, plus de privé" : ici

- le Grand Paris, laboratoire pour une coproduction public-privé innovante : ici

- l'aménagement métropolitain sous contrainte financière : ici

Bonne lecture !


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vendredi, 16 novembre 2012

Culture : "le privé a pris le pas sur le public"

Le Monde s'interroge sur la forte diminution du budget culturel initiée par le gouvernement. A cette occasion, il constate deux évolutions majeures : la privatisation de la culture et le transfert du pouvoir de l'Etat aux collectivités territoriales.

"Car le champ culturel a en effet changé. En quinze ans, son centre de gravité s'est déplacé. Internet a affolé les boussoles, déplacé les frontières. Du public au privé, du national au global, du réel au virtuel. Aujourd'hui les géants de la culture ne s'appellent plus le Louvre, le Metropolitan Opera à New-York ou la Royal Shakespeare Company en Angleterre, ni même Universal Music ou Columbia Pictures, les majors américaines.

inside amazon

Au coeur de la distribution de produits culturels trônent Amazon et ses livres, Apple et sa musique en ligne, Google et ses vidéos, ses films, son musée virtuel. Des firmes qui, il y a encore quinze ans, ne pesaient rien dans le secteur, quand seulement elles existaient. L'obsession de la ministre "de la culture et de la communication" n'est plus les artistes ni même la démocratisation culturelle mais les industries culturelles : tout ce champ sur lequel le ministère n'a que peu de prises tant il a été investi par des entreprises privées, parfois tentaculaires, aux règles et aux valeurs bien éloignées des siennes".

On a apprend aussi que : "Sur les quelque 10 milliards de dépense publique annuelle consacrée à la culture en France, l'Etat en alloue 3 quand les collectivités en accordent presque 7".

Source : "La gauche a-t-elle trahi la culture ?" - Le Monde - Samedi 17 novembre 2012


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mercredi, 26 septembre 2012

"Des gares privées, est-ce vraiment envisageable ?"

Les Ateliers de la Gare sont des rencontres-débats organisées régulièrement par Gares et Connexions pour réfléchir aux évolutions des gares. Le thème de l'atelier du 12 septembre dernier était volontairement provocant : "Des gares privées, est-ce vraiment envisageable ?".

Nous étions invités à y répondre en compagnie de Jean-Marc Daniel, professeur à l'ESCP Europe, Jean-Pierre Orfeuil, professeur à l'Institut d'Urbanisme de Paris, et Julien Damon, qui anime régulièrement ces rencontres.

Pour voir la vidéo : cliquer ici

Ci-dessous le support de notre présentation.

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atelier 5

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dimanche, 12 août 2012

Pays émergents : le pouvoir des villes

La très forte urbanisation des pays émergents entraîne l'apparition de nouveaux consommateurs. Elle doit inciter les entreprises qui veulent capter ces nouveaux marchés à avoir des approches ciblées ville par ville, et non plus pays par pays. Elle interpelle également les pouvoirs publics qui doivent investir massivement pour maîtriser cette évolution et encourager la croissance qui en découle. Tel est l'argument de la riche étude que vient de publier le cabinet McKinsey, téléchargeable ici, qui s'intéresse également aux économies développées.

Extrait :

The shifting urban economic landscape is creating new challenges for city leaders and national governments across the globe. Policy makers in rapidly expanding emerging market cities need to manage that process in order to maximize its benefits and avoid future constraints on growth. In the developed world, large cities looking to sustain growth need to forge close commercial, trade, and personal links with the emerging market dynamos—particularly middleweights— that are remaking the urban world.

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Source : McKinsey Global Institute - "Urban World and the rise of the consuming class" - June 2012

Cf. également :
"La consommation mondiale favorisée par l'urbanisation" - Les Echos - 7 août 2012

Supersized cities - China's 13 megalopolises - Juillet 2012 The Economist Intelligence Unit

"La nouvelle privatisation des villes", revue Esprit, mars-avril 2011, article dans lequel nous citions un certain nombre de références sur cette tendance (téléchargeable ici).

jeudi, 28 juin 2012

Urbanisme banalisé ?

"Faute de moyens financiers, techniques et humains, nombre de collectivités confient au privé l'aménagement et la construction d'ensembles de plus en plus grands, au risque d'une ville sans qualité". Les Echos de ce jour s'intéressent à ces nouvelles pratiques et citent l'interview de Françoise Fromonot, que nous avons publiée dans la dernière revue Etudes Foncières (cf. ici).

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Extrait :

"La plupart des grandes opérations urbaines font ainsi l'objet de ce que Nicolas Michelin nomme "l'urbanisme négocié". Moins de dix acteurs sont de taille pourtant : Nexity, Icade, les filiales immobilières des banques, BNP Paribas en tête, et celles des trois majors de la construction. L'avantage est double : le contournement des marchés publics obligatoires pour une collectivité et des chantiers plus rapides : sauf recours ou empêchement technique, le maître d'ouvrage a tout intérêt à valoriser au plus vite les terrains acquis".



Sur ce sujet, voire également nos articles : "La nouvelle privatisation des villes" (Esprit, mars-avril 2011) (voir aussi le billet ici), et "L'aménagement métropolitain sous contrainte financière" (Urbanisme, mai-juin 2012) (Téléchargeables ici).

"Faute de moyens, les villes se convertissent à un urbanisme banalisé" - Les Echos - 28 juin 2012

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dimanche, 10 juin 2012

Production urbaine "à la française" et mondialisation

La revue Etudes Foncières publie une interview que nous avons réalisée de Françoise Fromonot, dont nous avions déjà signalé ici le remarquable ouvrage sur "La campagne des Halles".

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Extrait :

Le « projet urbain à la française » serait en fait une forme d’urbanisme générique ?

Paradoxalement oui. Avec ses formes urbaines derrière lesquelles pointe le fantôme omniprésent de l’haussmannisme, l’urbanisme de composition fabrique de la ville néolibérale de base, dans un divorce avec l’épaisseur vécue des territoires réels qui s’apparente à celui dont fut justement accusé en son temps le modernisme. Il en résulte un urbanisme du « ni-ni » : ni l’utopie et la cohérence parfois impressionnante de certains quartiers modernes, ni les ambiances familières de la ville ancienne avec ses recoins, ses ambiguïtés et sa part d’ombre. Dans ce mélange de barres en îlots et d’espaces verts pris dans des cours, les qualités de l’un et de l’autre s’excluent mutuellement au lieu de se combiner. L’expression de « ville générique » a été jetée dans le débat par un texte fameux, écrit il y a bientôt vingt ans par Rem Koolhaas, dont les tenants du « projet urbain » font depuis lors un grand Satan du libéralisme mondialisé. D’une plume qui oscille entre une ironie glacée et une empathie assez déstabilisante, il y décrit, en spectateur fasciné, cette ville sans qualités, sans identité, qui se répand sous nos yeux dans des quantités phénoménales, à l’insu des urbanistes patentés.

L'intégralité de l'interview est téléchargeable ici

Etudes Foncières n°157 - Mai-juin 2012 - Interview de Françoise Fromonot, par Isabelle Baraud-Serfaty et Pauline Fouilland.

Pour lire l'interview de Jacques Lucan qui a fait suite, dans la revue Etudes Foncières, à celle de Françoise Fromonot, cliquer ici.

A lire aussi : le billet sur l'article de D'A sur Françoise Fromonot

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vendredi, 17 février 2012

De la crise du logement au défi de la ville

Tel est le titre de l'article que nous publions sur la toile à l'invitation du site Débat & Co.

"Le logement s’est invité dans la campagne présidentielle. On ne peut que s’en réjouir, tant ses enjeux sont cruciaux, et toutes les idées bonnes à débattre. Mais, paradoxalement, cette focalisation sur le logement rend encore plus manifeste la grande absente des débats politiques : la ville.

Cette absence de la ville peut s’expliquer pour plusieurs raisons. D’abord, l’élection présidentielle est nationale et pas locale. Sans doute peut-on également y voir une spécificité culturelle : Olivier Mongin, dans Télérama (numéro du 18 au 31 décembre 2010), soulignait ainsi que « Toute notre vision est centralisée. Rappelons la distinction de Fernand Braudel : l’Italie, focalisée sur la ville, est en manque d’Etat. La France, focalisée sur l’Etat, est en manque de ville. L’urbain n’y a jamais été que le prolongement de l’Etat. Cela s’est vu avec la construction des grands ensembles, puis avec la « politique de la ville » en direction des banlieues, et plus récemment avec le projet du Grand Paris ». Nombreux également sont ceux qui considèrent qu’il n’y aurait pas une spécificité du fait urbain et que, par exemple, les problèmes sociaux seraient d’abord sociaux avant d’être urbains.

Pourtant, la ville (entendue au sens large de vaste territoire urbain) est le lieu où s’incarnent aujourd’hui la plupart des grands défis contemporains.

Le premier défi, c’est celui du développement durable, et plus exactement, celui de la ville durable, les villes concentrant les principales émissions de gaz à effets de serre. Pour autant, il s’agit de ne pas se réduire au seul prisme énergétique, mais bien tout autant de traiter du défi de la densité qui est l’une des principales réponses à l’étalement urbain – qui est bien souvent, pour reprendre l’expression de Vincent Renard, un « étalement des pauvres », avec des conséquences sociales qui risquent d’être bientôt dramatiques avec l’envolée des prix du pétrole.

Le deuxième défi, c’est de penser un système de gouvernance adapté à la métropolisation, c’est à dire à ce phénomène de concentration autour des polarités principales, qui, s’il est le gage d’une certaine attractivité, emporte un risque significatif de fragmentation sociale et spatiale.

Enfin, le troisième défi, c’est celui de la privatisation de la ville, avec l’intervention d’acteurs privés de plus en plus concentrés et financiarisés, qui obligent les collectivités locales à réinventer leur rôle comme leurs moyens d’actions, dans un contexte financier public de plus en plus contraint.

Qu’on y prenne garde : les révoltes du Printemps arabe étaient d’abord des révoltes urbaines, et, en France, les très forts taux d’abstention aux dernières élections dans les banlieues « sensibles » doivent inviter à la plus grande vigilance. Certes, la fabrique de la ville est complexe et ne peut appeler de réponses univoques. Pour autant, « quelle ville voulons-nous, collectivement » est une question qui mériterait presque un référendum".

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mercredi, 29 juin 2011

Villes du futur

Sous la houlette de Jean-Pierre Sueur, le Sénat vient de publier un riche et ambitieux rapport sur "Les villes du futur" On y trouvera notamment des interviews de Christian de Portzamparc, Saskia Sassen et Julien Damon. Sont également mentionnés 15 défis, dont le défi économique et financier. Extrait (pages 131-132).

page garde ville du futur

"L’évolution urbaine des dernières décennies a été souvent marquée par le désinvestissement des collectivités territoriales dans la construction de l’espace public au profit de la multiplication des espaces collectifs privés*. C’est une tendance lourde qui remonte au début des années 90 et qui ne semble pas devoir s’infléchir à court ou à moyen terme. Cela concerne à la fois les centres-villes et les banlieues résidentielles. Le système repose sur l’établissement de relations contractuelles entre les collectivités locales et les fournisseurs privés de logements et de services collectifs propres aux copropriétés, centres d’affaires ou centres commerciaux.

S’agissant des centres-villes, c’est aux États-Unis qu’est né le système des partenariats public-privé (PPP) à l’époque de l’administration Reagan qui faisait une forte pression en faveur de la diminution des dépenses fédérales pour réduire le montant des impôts sur le revenu. La ville de New- York a ainsi été la première grande conurbation a autoriser des dérogations en matière d’urbanisme (par exemple un dépassement des coefficients de construction) au profit de promoteurs privés s’engageant, en contrepartie, à fournir des prestations sociales, culturelles ou d’urbanisme (comme la réalisation d’espaces verts, l’installation de mobiliers urbains, la construction de logements sociaux ou la fourniture d’aide à domicile pour certaines catégories de population). Cette phase de co-financement de la ville par les acteurs publics et les acteurs privés est maintenant, dans nombre de situations, dépassée par une nouvelle forme de fabrication totalement privée de la ville par l’application des nouveaux outils de la finance anglo-saxonne.

Dans une analyse particulièrement pertinente**, Isabelle Baraud- Serfaty souligne les effets de la présence de plus en plus forte des investisseurs privés dans le phénomène urbain, présence qui ne peut que s’accentuer dans les prochaines décennies du fait la montée de l’endettement public. (...)

Cette évolution semble d’autant plus probable dans les prochaines décennies que les tendances technologiques poussent à l’entrée de nouveaux acteurs privés dans la fabrication de la ville, par exemple dans le domaine de l’énergie avec la création des réseaux électriques intelligents (Smarts Grids) sur la base de synergies entre la distribution classique de l’électricité et l’exploitation de l’information fournie par des capteurs de différents types. Ces nouveaux outils technologiques, que seules les grandes compagnies peuvent fournir, s’imposent aux villes qui veulent rester attractives pour le développement de la voiture électrique en libre service, pour l’offre d’informations aux usagers sur les flux de transports multi-modes, pour la réduction des émissions de carbone dans le cadre de projets complexes de récupération de l’énergie ou de la chaleur".

1 La production privée des espaces publics, Renaud Le Goix, Céline Loudier-Malgouyres, Les annales de la recherche urbaine

2 La nouvelle privatisation des villes, Isabelle Baraud-Serfaty, Esprit, mars-avril 2011

lundi, 7 mars 2011

La nouvelle privatisation des villes

L'intervention des acteurs privés dans la ville, notamment en France, prend désormais des formes inédites : accélération de la privatisation classique, nouvelles portes d'entrée dans la ville, rôle central de l'usager-habitant, financiarisation de la fabrique urbaine. Elle pose des questions tout aussi inédites...

couverture esprit

Tel est l’objet de l’article (téléchargeable ici) que nous venons de publier dans le dernier numéro de la revue Esprit, consacré notamment aux reconfigurations territoriales. A lire également dans ce numéro :

- un entretien avec Vincent Feltesse, président de la Communauté Urbaine de Bordeaux et président de la Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme (FNAU)
- un article de Jacques Donzelot sur le « chantier de la citoyenneté urbaine ».

Premier extrait : L’urbanisation des stratégies

Extrait 1 Esprit

Second extrait : Définition de la privatisation des villes

Encadré Esprit

Isabelle Baraud-Serfaty, "La nouvelle privatisation des villes", Revue Esprit, mars-avril 2011, téléchargeable ici

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mercredi, 29 décembre 2010

Privatisation publique

Télérama consacre son dernier numéro de l’année 2010 au « siècle des villes ». Dans ce riche dossier, nous retiendrons tout particulièrement l’interview d’Olivier Mongin, le directeur de la Revue Esprit, et son éclairage sur la privatisation des villes. Morceaux choisis.

Telerama Decembre 2010

- Télérama : La France, pourtant en proie à l’étalement péri-urbain, en reste à cette vision traditionnelle du centre et de la périphérie…
- Olivier Mongin : Cela vient de notre culture politique. Toute notre vision est centralisée. Rappelons la distinction de Fernand Braudel : l’Italie, focalisée sur la ville, est en manque d’Etat. La France, focalisée sur l’Etat, est en manque de ville. L’urbain n’y a jamais été que le prolongement de l’Etat. Cela s’est vu avec la construction des grands ensembles, puis avec la « politique de la ville » en direction des banlieues, et plus récemment avec le projet du Grand Paris.


- Télérama : Mais comment faire, concrètement, alors que les zones commerciales, les autoroutes, les lotissements grignotent l’espace public ?
- Olivier Mongin : Effectivement, en France, on pense que l’espace public est là, qu’on n’a pas en prendre soin. Or, la privatisation des espaces publics a lieu partout dans le monde ! A contrario, je reviens de Colombie, où se développe une vraie culture de l’espace public, parce que justement, n’existait jusqu’alors que l’espace privé.


- Télérama : Comment expliquez-vous que la vision étatique en France n’empêche pas l’œuvre du libéralisme, c’est-à-dire la privatisation de l’espace ?
- Olivier Mongin : Mais le néolibéralisme, contrairement à ce qu’on croit, n’est pas le tout marché, c’est l’Etat qui se met au service du marché ! Cela vaut pour les Chinois comme pour nous. Il faut donc renverser les tendances lourdes. Les flux sont plus forts que les lieux ? Il faut faire des lieux qui résistent aux flux. L’entre-soi, la ghettoïsation des riches comme des pauvres l’emporte sur la mixité ? Battons-nous pour contre les grillages et les fermetures. Le privé l’emporte sur le public ? Recréons des lieux publics partout où c’est possible.


- Télérama : Comment expliquez-vous que la plupart des pays qui arrivent à maîtriser le chaos urbain aient des régimes autoritaires ?
- Olivier Mongin : Parce que ce qu’on appelle le néolibéralisme est en fait la mise en place d’un capitalisme autoritaire, organisé par les Etats ! Ils mettent en place le système de la « ville globale », qui consiste à interconnecter certaines villes en réseau, sans se préoccuper de leur environnement proche ni des autres villes. On assiste à la mise en place d’un monde urbain à plusieurs vitesses.


Source : Télérama - Du 18 au 31 décembre 2010

mardi, 21 décembre 2010

La neige, indice de privatisation des villes ?

Même si ce blog cite plus volontiers les Echos ou The Economist que L'Humanité, la Une publiée hier par le quotidien fondé par Jean Jaurès mérite qu'on s'y arrête.


L'Humanité - Lundi 20 décembre 2010

Verbatim :

"La pagaille face aux intempéries a illustré l'abandon du réseau routier par l'Etat. Tapis dans l'ombre, les géants des travaux publics se préparent. (...) L'épisode neigeux dure et devient saga. Transports en commun paralysés, poids lourds bloqués sur les parkings, trains ralentis, vols annulés dans les aéroports, axes secondaires impraticables... Une situation qui a de quoi mettre en boule, tant elle souligne les conséquences des politiques mises en oeuvre depuis trois ans dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP)".

"Sur le million de kilomètres de routes du pays, l'Etat n'en a plus en charge que 20.000. Soit seulement 2% ! Dont 8.200 kilomètres sont déjà entretenus par des concessionnaires privés sous contrat avec l'Etat. (...) L'entretien des départementales et des axes secondaires a été transféré aux départements. Ces collectivités locales, déjà asphyxiées budgétairement, ont notamment en charge la maintenance de la flottille des véhicules de l'ex-DDE et une partie des personnels d'entretien de ces véhicules qui ont accepté leur transfert. L'entretien, des déneigeuses notamment, est confié au privé, via une plate-forme téléphonique du groupe ALD à appeler pour les besoins courants en cas de problème !"

"Le privé, s'il se trouvait complètement propriétaire du réseau d'infrastructures de transport routier aurait, en toute logique, à dégager des bénéfices. Parmi les pistes déjà évoquées, l'instauration de péages à l'entrée des grandes villes. Les "usagers de la route" deviendraient des "consommateurs de la route", supportant tous les coûts : des inégalités d'accès liés aux tarifs, une différence de qualité des réseaux selon que les secteurs sont très fréquentés ou pas".

Le débat est lancé : la vitesse du déneigement serait-elle un indice de privatisation des territoires ?

vendredi, 12 novembre 2010

-2 Mds, Paris s’invente !

En ce moment, se tient à Paris « une exposition sortie de l'imagination d'un collectif d'architectes "... et Alors ?" qui a imaginé quel pourrait être Paris dans le futur lorsque la température de la Terre aura augmenté globalement de 2°C. Le projet d’anticipation « + 2°C … Paris s'invente ! » s’inscrit dans cette direction utopique en proposant 20 cartes postales de Paris plongé dans un climat fiction. Il s’agit d’une ville qui se transforme activement pour lutter contre l’emballement de la machine climatique et qui saisit cette opportunité pour réinventer des modes de vie urbains ». (cf. ici et image ci-dessous)

Et si, de la même manière, nous imaginions ce que deviendrait Paris si ses recettes financières diminuaient fortement ? (Pour mémoire, le budget 2010 de Paris – département et commune – s’élève à 7,4 milliards d’euros). Panorama en 5 cartes postales tirées de l’actualité récente.


Expo +2°C Paris s'invente


Carte-postale du Royaume-Uni

« Les collectivités locales (…) vont devoir réduire leur train de vie de 25% à 30% en moyenne ». A Barnet, au nord de Londres, sur un territoire tory traditionnel, le maire de cette commune de 320 000 habitants a lancé son projet d’ « EasyMairie ». Le postulat de départ est le suivant : «Tout comme les clients des compagnies aériennes à bas coût, les contribuables veulent pouvoir choisir les services dont ils ont besoin. (…) Le résident devra avoir accès à un service minimum qu’il pourra enrichir selon ses envies, à condition de payer : une poubelle plus grande, un conseiller attitré pour suivre tous les dossiers le concernant… ».

Ma mairie discount - Le Monde - 21 octobre 2010

Carte-postale de Madrid

« Les entreprises chargées du nettoyage des rues et du ramassage des ordures de Madrid menacent de recouvrir la ville de détritus si elle ne les paie pas au plus vite. La capitale espagnole croule sous une dette inédite de plus de 7 milliards d'euros, six fois plus qu'à l'arrivée au pouvoir de l'actuel maire, Alberto Ruiz-Gallardon, en 2003.

Après avoir dépensé des sommes considérables dans les travaux de couverture du périphérique, le remodelage du centre-ville, les deux candidatures aux Jeux olympiques ou l'aménagement de « Madrid-plage », la ville est bien en peine de trouver les fonds nécessaires au paiement des sous-traitants qu'elle emploie. (...) Madrid a finalement trouvé une solution d'urgence. Mais la situation n'est pas près de s'arranger, puisque le gouvernement a décidé d'interdire l'accès au crédit, public comme privé, en 2011 aux mairies dont la dette dépasse 75 % de leurs revenus. Si les trois quarts des 9 000 municipalités échappent à cette mesure, d'autres sont contraintes d'appliquer une sévère cure d'austérité. C'est le cas de plusieurs grandes villes, comme Madrid, dont la dette représente plus de 127 % de ses revenus, Valence (112 %), Saragosse et Malaga.

En Espagne, les villes endettées sont privées d’emprunt – Le Monde – 21 octobre 2010


Carte-postale de Los Angeles

« L’Eta californien estime à 1,4 milliard de dollars (1,01 milliard d’euros) le produit sur les ventes et les taxes que la marijuana lui rapporterait. Les amateurs de drogue comme les créanciers de l’Etat sont très favorables à l’adoption d’un tel texte, mais même si ladite motion était adoptée, la réalité pourrait rester en deçà de leurs attentes. (…) Légaliser la marijuana et la frapper de taxes aurait l’avantage de créer des recettes, de se débarrasser de lois régulièrement bafouées, ainsi que de diminuer la criminalité et les trafics associés. Mais les enjeux sanitaires et sociaux ne sont pas minces ».

La sauvetage financier de la Californie ne passera pas par la marijuana - Le Monde – 29 octobre 2010


Carte-postale de Chicago

Pour faire face à ses besoins, Chicago, la 3ème ville en termes de taille des Etats-Unis, préfère privatiser plutôt que d’augmenter davantage les impôts locaux. Ainsi, elle donne en affermage ( « leasing ») un certain nombre des actifs qu’elle détient à des entreprises privées, à charge pour elles de se rémunérer sur les usagers. En 2005 et 2006, elle a ainsi donné en « leasing » d’une durée de 99 ans la route à péage Skyway ou encore des parcs de stationnement : en échange du paiement de la somme requise (respectivement 1,8 milliards de dollars et 563 millions d’euros), des entreprises privées acquièrent la propriété de ces équipements pendant une durée de 99 ans, se chargent de les entretenir et se rémunèrent auprès des usagers. Ces deux opérations furent très réussies, bien acceptées et servirent à rembourser une partie de la dette de la ville et à créer un fond de réserve long-terme.
Après ces succès, la ville voulu affermer les parcmètres, mais ce fut un désastre, car les habitants, mécontents de la hausse des tarifs qui s’ensuivit, bouchèrent les fentes des parcmètres avec de la colle ! Il n’empêche, une telle pratique qui permet d’obtenir beaucoup de cash rapidement séduit aujourd’hui de nombreuses collectivités américaines, qui préfèrent cela à d’impopulaires hausses d’impôts ou coupes budgétaires.

Asset-leasing in Chicago - The big sell – The Economist – September 18th, 2010

Carte-postale de Paris

La Mairie de Paris et Unibail-Rodamco viennent de finaliser l’accord de financement du chantier des Halles. Le protocole d’accord prévoit un « financement en trois parties. Unibail-Rodamco rachète d’abord des surfaces commerciales, le nouveau centre étant plus étendu que le précédent (100 millions d’euros), avec la création d’un nouvel édifice : « La Canopée ». Dans la même veine, la société se voit céder des locaux et des ruelles désormais jugées sans intérêt par la ville (20 millions d’euros). Enfin, Unibail qui n’était propriétaire du centre commercial que jusqu’en 2055, se voit céder définitivement les baux à construire pour 102 millions d’euros.
« La ville n’a pas vocation à être propriétaire d’espaces commerciaux et les Halles ne seront jamais autre chose qu’un centre commercial. Nous vendons dans l’intérêt général, comme nous l’avons fait pour le centre commercial Beaugrenelle », se justifie Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris en charge de l’urbanisme ».

Unibail s’engage en force dans la rénovation des Halles à Paris - Les Echos – 25 octobre 2010


A signaler également :

Un fonds de péréquation financière de 400 millions d’euros entre « départements riches » et « départements pauvres » va être mis en place dans le cadre de la loi de finances pour 2011. Alimenté par une partie des nouvelles recettes sur les droits de mutation, il bénéficiera à 57 départements. « Ce principe de « péréquation horizontale », par opposition à la « péréquation verticale », qui fait jouer la solidarité sur les concours financiers de l’Etat, sera opérationnel dès l’an prochain au niveau des départements. En attendant qu’un tel système de solidarité financière s’applique également entre les intercommunalités et ce, en 2012, si tout va bien ».

« Le budget va imposer un effet de solidarité entre les départements » - Les Echos – 4 novembre 2010