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Privatisation des villes

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mardi, 16 février 2016

Partenariats aménageur-promoteurs : mode d'emploi

Le dernier numéro de la Revue Foncière vient de sortir.

RF9

On y trouvera notamment notre article consacré aux partenariats aménageur-promoteurs, déjà évoqué ici, dans lequel, avec Flore Trautmann, nous proposons une méthodologie en trois étapes, qui s'appuie sur l'analyse de plusieurs exemples vécus.

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dimanche, 7 février 2016

A San Francisco, les bus privés de Yahoo, Google et Facebook

La Vie des Idées, dans un passionnant article de Florian Opillard, revient sur les bus privés de San Francisco, ceux qui sont affrétés par les grandes compagnies du secteur technologique et qui font largement polémique.

bus privés (source image : ici)

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vendredi, 4 décembre 2015

La privatisation de la culture, suite

"La culture, un business désormais comme les autres", analyse les Echos de ce jour : "après le cinéma, l'édition et la musique enregistrée, tous les pans de l'univers culturel sont en voie d'industrialisation. Un phénomène qui s'accélère sous l'impulsion des grands groupes privés". C'est évidemment une évolution qui fait largement écho aux mutations de la fabrique urbaine analysées dans ce blog.

image culture

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vendredi, 6 juin 2014

Article dans la Tribune sur la "privatisation" de la ville


Le journal économique La Tribune publie aujourd'hui notre analyse sur la "privatisation" de la ville et les recompositions de la chaîne de l'immobilier (téléchargeable ici).

articletribune


Nous y défendons trois idées :

1) Même si le terme de "privatisation de la ville" est à la mode, ce à quoi on assiste, ce n'est pas tant à un remplacement de l'acteur public par l'acteur privé, qu'à l'émergence de relations plus partenariales entre aménageurs et promoteurs.

2) Ces nouvelles manières de faire dessinent une image saisissante où la chaîne de valeur classique de l'immobilier se désintègre et se recompose selon des configurations multiples et inédites. La "privatisation" du projet urbain n'est ainsi que la partie émergée de l'iceberg qu'est la mutation des modes de production de la ville.

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3) La question clé est alors celle de la manière dont chaque acteur s'organise pour garder la maîtrise de sa création de valeur et, en particulier, comment le public renouvelle ses modes d'action pour contrôler ce processus de fabrication du projet urbain, devenu très complexe.


Cet article constitue en quelque sorte la version raccourcie de l'article que nous avons publié dans la revue "Actes Pratiques et Ingénierie Immobilière" : ici.



acteursprives.jpg



A lire également sur ce sujet :


- la SEM à opération unique, nouvel outil de la coproduction public-privé : ici

- lorsque la Région Ile-de-France écrit que "les investisseurs privés seront les arbitres des CDT" : ici

- l'impact de la révolution numérique sur la chaîne de l'immobilier : ici

- notre intervention à l'Ecole d'Architecture sur le thème : "moins de public, plus de privé" : ici

- le Grand Paris, laboratoire pour une coproduction public-privé innovante : ici

- l'aménagement métropolitain sous contrainte financière : ici

Bonne lecture !


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mercredi, 30 avril 2014

CAC 40 majoritairement étranger, villes françaises apatrides ?

Le CAC 40 est désormais détenu à plus de 50% par des investisseurs étrangers. Comme le souligne Le Monde, ce basculement prend une coloration toute particulière au moment où Alstom s'apprête à passer sous pavillon américain, sinon allemand. Ce débat sur la nationalité des entreprises n'est pas sans rappeler les débats qui avaient agité la France en 2006, au moment du rachat d'Arcelor par Mittal. A l'époque, nous avions publié une tribune dans la revue Futuribles, qui, huit ans après, nous semble d'autant plus d'actualité que l'internationalisation des entreprises se conjugue désormais à la réduction drastique des dépenses publiques.

foreigncities

partcac40

Extrait :

Alors que les débats sur le patriotisme économique continuent de faire rage, rares sont ceux qui abordent un phénomène pourtant directement lié à l’internationalisation des entreprises, à savoir la dénationalisation des villes.

La question peut sembler incongrue. Paris est évidemment une ville française, autant que Berlin est allemande ! Et pourtant, quel drapeau la ville de Paris devra-t-elle hisser lorsque les gestionnaires de l’eau, des déchets ou des transports publics seront allemands ou chinois, lorsque les murs des prisons ou des hôpitaux, ou de l’Hôtel de Ville lui-même, appartiendront à des Britanniques et que des quartiers entiers d’habitation seront détenus ou gérés par des investisseurs espagnols ou indiens ?

Il ne s’agit pas là d’un scénario de fiction. Si l’on définit la ville comme étant, à la fois, un cadre bâti (définition physique) et un ensemble de missions de service public (définition institutionnelle), force est de constater qu’elle est de plus en plus le fruit d’acteurs étrangers. A Paris – mais c’est encore plus vrai à Londres – la part des investisseurs étrangers dans l’immobilier est croissante. A Dresde, l’une des plus grandes villes de l’est de l’Allemagne, la municipalité vient de vendre l’ensemble de son parc immobilier public (près de 50 000 logements, soit environ un tiers de la ville) à un fonds d’investissement américain. Aux Etats-Unis, en janvier dernier, six grands ports, dont celui de New York, ont été sur le point d’être gérés par une entreprise de l’émirat arable, Dubaï Ports World, avant que l’opérateur dubaïote n’y renonce sous la pression des parlementaires américains. Demain, qui sait si l’opérateur de Roissy ne passera pas sous pavillon étranger ? Et si la distribution de l’eau à Lyon ne sera pas assurée par la groupe italien Enel ?

Cette dénationalisation des villes s’explique par le fait que l’internationalisation des entreprises – doublée de leur concentration – intervient alors qu’elles s’affirment comme des acteurs significatifs de la ville. Pour diverses raisons, qui tiennent autant à l’influence des institutions européennes qu’à la diminution des moyens publics, de plus en plus d’activités jusqu’à présent assumées par des acteurs publics le sont en effet désormais par des acteurs privés.

Cette tendance à « l’apatriation », qui est à l’œuvre aujourd’hui, sera inéluctable si le débat continue d’être escamoté. Or, pour penser la dénationalisation de la ville, il faut déjà être en mesure de saisir la place des acteurs privés dans cette même ville. Mais c’est là, justement, que le bât blesse.

(…)

Enfin, le dernier enjeu est la mise en place d’une nouvelle gouvernance. Face à des entreprises qui sont davantage présentes et dont les logiques d’intervention évoluent, les collectivités locales doivent repenser leur rôle, à la fois pour encadrer l’action de ces entreprises et l’optimiser dans le sens des intérêts locaux. Il faut pour cela se détacher du mythologique espace-public-forcément-vertueux et admettre que la distinction public/privé est complexe : elle met en œuvre différents registres (activité / acteur / accessibilité) qui se chevauchent de plus en plus : le temps est révolu où, systématiquement, une activité d’intérêt général était à la fois maîtrisée et gérée par un acteur public et accessible à tous.

Une nouvelle ville est en train d’émerger. Le risque est qu’à l’appréhender avec des combats d’arrière-garde, on se réveille trop tard.


L'intégralité de l'article, paru en septembre 2006 dans le numéro 322 de Futuribles est téléchargeable ici.

Voir aussi : schemaentcotees

Sources :
"Le CAC 40 a basculé sous le contrôle des investisseurs internationaux" - Le Monde - 30 avril 2014
"Ces entreprises sans drapeau" - Le Monde - 29 avril 2014
"Vers des villes apatrides" - Isabelle Baraud-Serfaty - Futuribles - Septembre 2006


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jeudi, 3 avril 2014

Vers la « privatisation » du projet urbain ? ou les nouvelles relations aménageurs-promoteurs

En septembre 2013, l’Institut de la Construction et de l’Habitation (ICH) avait organisé son colloque annuel sur le thème : « Renouveler notre approche du projet en milieu urbain », et nous avait demandé d’intervenir sur le thème de « la privatisation du projet urbain » (voir aussi ici).

couverturelexis

La revue Actes Pratiques et Ingénierie de l’immobilier publie dans son dernier numéro les actes de ce colloque. Voici quelques extraits de notre papier, qui s’appuie notamment sur l’analyse des opérations suivantes : Bassins-à-Flots et Berges du Lac (Ginko) à Bordeaux, Le Plessis-Botanique à La Riche, les Docks Saint-Ouen à Saint-Ouen, Ivry-Confluence à Ivry-sur-Seine, Clichy-Batignolles à Paris, Les Ardoines à Vitry-sur-Seine, Universeine à Saint-Denis, le Trapèze à Boulogne-Billancourt. L’idée forte de cet article est que, ce à quoi on assiste, ce n’est pas tant à un remplacement de l’acteur public par l’acteur privé, qu’à l’émergence de relations plus partenariales entre aménageurs et promoteurs.


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Extraits :

« Ces deux exemples illustrent bien le caractère mixte de ces opérations communément appelées « ZAC privées » : l’aménageur est privé, mais l’opération se fait dans le cadre d’une ZAC, donc avec une initiative forcément publique émanant d’une collectivité locale, et l’aménagement se fait dans le cadre d’une concession publique, liant l’opérateur à la collectivité, théoriquement aux risques et périls du concessionnaire. Deux autres éléments d’imbrication public-privé complexifient la lecture : en amont, le plan local d’urbanisme (PLU) est d’élaboration publique, et en aval, le permis de construire doit obtenir une autorisation émanant de la collectivité publique. Par ailleurs, dans le cas de Ginko, l’ensemble des charges foncières (hormis une partie de celles réservées à des logements sociaux) sont cédées à Bouygues Immobilier, qui est donc le seul promoteur privé sur la ZAC. Sur La Riche, Icade sera un des principaux promoteurs intervenant sur la ZAC. Il est en effet significatif que les opérateurs privés intervenant comme aménageurs sur des grands projets urbains sont des départements ou des filiales de promoteurs ou de groupes de construction. Ces deux opérations se distinguent en revanche très nettement en ce qui concerne les modalités d’acquisition foncière ».

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(…)

« La mise en œuvre de ces partenariats se fait de manière ad hoc selon les caractéristiques de l’opération et les objectifs recherchés. L’idée clef est que, dans un schéma classique, on a trois phases bien distinctes. Dans une première étape, l’aménageur définit, à l’échelle de l’opération, l’ambition de l’opération, le découpage en lots, la constructibilité globale, les prescriptions urbaines, architecturales et environnementales, et le programme des équipements publics (PEP). Dans une seconde étape, à l’échelle du lot (dont les limites ont été définies à l’étape précédente), il définit : la constructibilité du lot, les prescriptions urbaines, architecturales et environnementales à l’échelle du lot (ces deux éléments se retrouvent dans le Cahier des charges de cession de terrain (CCCT)) et le montant de la charge foncière. Il peut alors signer une promesse de vente avec le promoteur, qui va définir le programme du bâtiment, concevoir le bâtiment, et, éventuellement s’il s’agit d’un macro-lot, définir le plan masse de l’îlot. Dans les nouveaux dispositifs partenariaux, on retrouve les mêmes éléments, mais ils n’interviennent pas forcément dans le même ordre. (…) La grille de lecture que nous proposons vise à décortiquer le processus précis, et en particulier le déroulé chronologique des différentes étapes. Par exemple, la figure 4 décrit une opération comme celle d’Ivry-Confluence : les promoteurs s’engagent dans un protocole sur un montant de charge foncière et un programme de constructibilité. C’est seulement dans un second temps que les limites précises du lot et les prescriptions applicables seront définies."

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(…)

« La question est par exemple souvent posée de savoir dans quelle mesure l’intervention plus forte des acteurs privés dans l’aménagement peut avoir un impact sur les formes urbaines produites. Mais la réponse est rarement binaire. Par exemple, la résidentialisation constatée sur Ginko est-elle liée au fait que Bouygues est aménageur ? au fait que Bouygues est promoteur ? à une demande de la CUB concédante ? à une demande des habitants ? à un choix de l’urbaniste qui, pragmatique, préfère au moins que toutes les grilles soient homogènes ? Surtout, la question de la qualité urbaine est encore trop souvent abordée par le seul prisme de cette opposition public / privé. Par exemple, récemment, l’architecte Francis Soler faisait le constat que les entreprises de construction imposent « aux architectes des paramètres et des modes constructifs qui prévalent sur la créativité et standardisent les projets », et en concluait que « sauf à mettre l’Etat en demeure de réduire le monopole des entreprises, on risque de voir l’architecture évoluer vers des produits standard ». Mais il faut admettre que le privé n’est pas uniforme, pas plus que le public, et il convient de faire le distinguo entre les différents acteurs publics (la collectivité locale, l’aménageur) et les différents acteurs privés (le promoteur, le constructeur,…). Il faut surtout décortiquer la manière dont ces acteurs se positionnent sur la chaîne de l’immobilier et contrôlent les valeurs urbaines et financières qui sont créées. »

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(…)

« Notre point de départ était l’observation précise des nouvelles stratégies relationnelles entre acteurs. Prises une à une, ces nouvelles manières de faire pourraient n’être lues que comme une simple évolution par rapport à la chaîne classique de l’immobilier. Mais si, au lieu de zoomer, on les prend dans leur ensemble, l’image qu’elles dessinent est saisissante : la chaîne de valeur classique de l’immobilier se désintègre et se recompose selon des configurations multiples et inédites. Cette « désintégration de la chaîne de valeur de l’immobilier » signifie que les activités créatrices de valeur sont recomposées à l’intérieur de chaque entreprise et entre les entreprises du secteur. Avant, on était dans un système où une même entreprise assurait toutes les étapes d’une chaîne de valeur (par exemple, l’aménageur assurait toutes les étapes de l’aménagement – maîtrise foncière, conception projet urbain, réalisation des espaces publics, commercialisation des charges foncières – et ensuite le promoteur assurait toutes les étapes de la promotion –définition du programme et du projet immobilier, conception du projet immobilier, réalisation –). Maintenant, comme pour de très nombreux secteurs , on passe désormais à un nouveau système dans lequel cette chaîne intégrée se dissout progressivement, faisant apparaître de nombreux spécialistes d’une des étapes de la chaîne de valeur ajoutée. Tout l’enjeu pour les entreprises est alors de penser leur stratégie de manière à s’adapter à ce modèle déconstruit ».


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Sur la reconfiguration de la chaîne de l'immobilier, voir aussi notre précédent billet, ici).

A lire également dans ce même dossier :
- la présentation du dossier, par Jean-François Dalbin
- l'introduction de Xavier Prigent
- « La contractualisation de la règle d’urbanisme », de Stéphanie Laporte-Leconte
- « La contribution de la fiscalité de l’urbanisme au renouvellement de l’approche du projet en milieu urbain », de Jean-François Rouhaud
- « L’adaptation des règles d’urbanisme au projet urbain », de David Gillig


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jeudi, 9 janvier 2014

La compétitivité des trottoirs, ou la privatisation de la ville saisie par le roman

Rien à voir avec notre précédent billet sur la marche à pied. Et pourtant...

Dans son roman Les Morues (Le Livre de Poche, 2013), la jeune écrivain Titiou Lecoq imagine... la privatisation des trottoirs !

couv morues

J'ose vous proposer mon idée un peu folle : ouvrir les trottoirs la concurrence ! Voyons les choses en grand. Assurons aux trottoirs une plus grande compétitivité ! Comment ce qui est bon pour les routes empruntées par les trottoirs ne le serait pas pour les chemins traversés par les piétons ? (...) L'entretien des trottoirs pèse trop lourdement sur le budget des villes dont les finances sont déjà en danger. Ne nous privons pas de l'aide du secteur privé. Imaginons une rue. Deux trottoirs opposés mais en jachère complète. Donnons, après un appel d'offres, la gestion de chaque trottoir à une société différente. C'est autant d'économies pour la ville.

page200

p201

p202

Il semble que le thème de la privatisation de la ville inspire de plus en plus les romanciers. Déjà, en 2007, BenoÎt Duteurtre commençait ainsi son roman La Cité heureuse :

"Pour la première fois dans l'histoire, une entreprise multinationale s'apprêtait à racheter, sinon une ville, du moins un quartier entier avec ses voies, ses monuments, ses immeubles... et sa population".

Et voici ce qu'il advient quelques années après :

"Certains aménagements urbains commençaient à se dégrader. (...) Le principal but de la Compagnie était en effet de revendre à un nouvel investisseur, ce qui supposait de réduire sévèrement les charges de personnel".

couv cite heureuse

Et, en 2011, le cinéma se saisissait de la privatisation des gares, avec le film de Pierre Schoeller, L'exercice de l'Etat.

couv ex état


Merci en tout cas à l'étudiant inconnu (les copies sont anonymes) du Master Stratégies Territoriales et Urbaines de Sciences Po qui nous a signalé "Les Morues" en réponse à la question : "Qu'est-ce que la privatisation des villes ?" !!



Sur ce sujet : "La nouvelle privatisation des villes", Esprit, mars-avril 2011

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vendredi, 8 novembre 2013

Moins de public, plus de privé /// intervention Ecole d'architecture

Décidément, le thème de la "privatisation de la ville" est à la mode ! Le 11 octobre dernier, nous intervenions aux rencontres de l'Institut de la Construction et de l'Habitat (ICH) à Nantes sur le thème de "la privatisation du projet urbain". Et, ce 7 novembre, nous avons introduit le séminaire "Moins de public, plus de privé" organisé par l'Ecole d'Architecture de la ville et des territoires, le CAUE 77 et l'Institut Français d'Urbanisme.

On trouvera ci-après des extraits du support de présentation. L'intégralité du support est disponible sur demande adressée à ibicity@ibicity.fr.


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jeudi, 14 mars 2013

Les vrais maîtres de la ville

Le Nouvel Observateur de cette semaine fait sa une sur les "nouveaux maîtres du monde".

maitres de la ville

couverture nouvel obs

On pense naturellement au film Logorama, ici.

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lundi, 28 janvier 2013

Vivez-vous dans une ville clone ?


Consacrant son supplément du week-end aux tours londoniennes, Le Monde cite l'étude réalisée par le think tank anglais NEF sur "les villes clones".

image ville clone

Extrait :

Les cités britanniques moyennes se ressemblent au point de perdre toute identité. La faute au puissant secteur privé.

Si les tours à Londres ne font pas l'unanimité, elles ont le mérite de l'originalité. Ailleurs en Grande-Bretagne - et encore plus qu'en Europe continentale -, c'est la monotonie qui domine. Les centres-villes se ressemblent tant qu'il est parfois difficile de les distinguer. Les mêmes magasins des mêmes grandes chaînes sont installés de la même façon, avec des vitrines similaires.

(...)

En 2005, le think tank New Economics Foundation (NEF), classé à gauche, a tiré le premier la sonnette d'alarme en publiant un rapport intitulé « Ville clone ». Il a créé un index de la diversité et de l'indépendance des magasins dans les centres des cités britanniques, mis à jour en 2010 : 41 % des villes sont officiellement classées comme « clones » et 23 % sont à la limite.

Paradoxalement, la cause de cette uniformité est la même que ce qui a permis l'originalité de la City, à Londres : le secteur privé s'est imposé, les grandes enseignes ont asphyxié les magasins indépendants.

« Dans les années 1980, la Grande-Bretagne a rejeté, à juste titre, le caractère déshumanisant de l'économie d'Etat planifiée, écrit le think tank en 2010. Et pourtant, sans être consultés, nous nous sommes retrouvés avec quelque chose d'aussi mauvais, voire de pire : une économie planifiée par les entreprises, qui n'ont aucun sens de la responsabilité publique. Les chaînes et les marques internationales qui ont envahi nos rues marchandes ont l'obligation de servir en premier lieu les intérêts de leurs actionnaires et prennent leurs décisions dans des sièges sociaux distants, sans se soucier des conséquences locales. »

index ville clone

Source : "Au royaume de la ville clonée" - Le Monde - 26 janvier 2013

Sur ces questions d'urbanisme commercial, voir le riche site de Pascal Madry.


Voir aussi notre billet sur l'urbanisme banalisé et celui sur sur la France Moche, avec la fameuse couverture de Telerama.


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vendredi, 16 novembre 2012

Culture : "le privé a pris le pas sur le public"

Le Monde s'interroge sur la forte diminution du budget culturel initiée par le gouvernement. A cette occasion, il constate deux évolutions majeures : la privatisation de la culture et le transfert du pouvoir de l'Etat aux collectivités territoriales.

"Car le champ culturel a en effet changé. En quinze ans, son centre de gravité s'est déplacé. Internet a affolé les boussoles, déplacé les frontières. Du public au privé, du national au global, du réel au virtuel. Aujourd'hui les géants de la culture ne s'appellent plus le Louvre, le Metropolitan Opera à New-York ou la Royal Shakespeare Company en Angleterre, ni même Universal Music ou Columbia Pictures, les majors américaines.

inside amazon

Au coeur de la distribution de produits culturels trônent Amazon et ses livres, Apple et sa musique en ligne, Google et ses vidéos, ses films, son musée virtuel. Des firmes qui, il y a encore quinze ans, ne pesaient rien dans le secteur, quand seulement elles existaient. L'obsession de la ministre "de la culture et de la communication" n'est plus les artistes ni même la démocratisation culturelle mais les industries culturelles : tout ce champ sur lequel le ministère n'a que peu de prises tant il a été investi par des entreprises privées, parfois tentaculaires, aux règles et aux valeurs bien éloignées des siennes".

On a apprend aussi que : "Sur les quelque 10 milliards de dépense publique annuelle consacrée à la culture en France, l'Etat en alloue 3 quand les collectivités en accordent presque 7".

Source : "La gauche a-t-elle trahi la culture ?" - Le Monde - Samedi 17 novembre 2012


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mercredi, 26 septembre 2012

"Des gares privées, est-ce vraiment envisageable ?"

Les Ateliers de la Gare sont des rencontres-débats organisées régulièrement par Gares et Connexions pour réfléchir aux évolutions des gares. Le thème de l'atelier du 12 septembre dernier était volontairement provocant : "Des gares privées, est-ce vraiment envisageable ?".

Nous étions invités à y répondre en compagnie de Jean-Marc Daniel, professeur à l'ESCP Europe, Jean-Pierre Orfeuil, professeur à l'Institut d'Urbanisme de Paris, et Julien Damon, qui anime régulièrement ces rencontres.

Pour voir la vidéo : cliquer ici

Ci-dessous le support de notre présentation.

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jeudi, 28 juin 2012

Urbanisme banalisé ?

"Faute de moyens financiers, techniques et humains, nombre de collectivités confient au privé l'aménagement et la construction d'ensembles de plus en plus grands, au risque d'une ville sans qualité". Les Echos de ce jour s'intéressent à ces nouvelles pratiques et citent l'interview de Françoise Fromonot, que nous avons publiée dans la dernière revue Etudes Foncières (cf. ici).

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Extrait :

"La plupart des grandes opérations urbaines font ainsi l'objet de ce que Nicolas Michelin nomme "l'urbanisme négocié". Moins de dix acteurs sont de taille pourtant : Nexity, Icade, les filiales immobilières des banques, BNP Paribas en tête, et celles des trois majors de la construction. L'avantage est double : le contournement des marchés publics obligatoires pour une collectivité et des chantiers plus rapides : sauf recours ou empêchement technique, le maître d'ouvrage a tout intérêt à valoriser au plus vite les terrains acquis".



Sur ce sujet, voire également nos articles : "La nouvelle privatisation des villes" (Esprit, mars-avril 2011) (voir aussi le billet ici), et "L'aménagement métropolitain sous contrainte financière" (Urbanisme, mai-juin 2012) (Téléchargeables ici).

"Faute de moyens, les villes se convertissent à un urbanisme banalisé" - Les Echos - 28 juin 2012

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mercredi, 16 mai 2012

Gurgaon, ville privée à l'indienne

Le Monde daté d'hier consacre une pleine page à Gurgaon, cette ville "privée" de plus de 1,5 millions d'habitants située à une trentaine de kilomètres de Delhi.

Premier extrait :

"Le modèle de Gurgaon symbolise cette nouvelle urbanisation de l'Inde, menée par les seuls promoteurs immobiliers, sans planification, à l'écart de toute gouvernance publique. "L'Inde est dans ses villages" avait coutume de dire Gandhi. Depuis son indépendance, le pays n'a jamais fait de la politique de la ville sa priorité. Mais avec la deuxième plus forte croissance économique du monde, les agglomérations sont devenues incontournables. D'après les prévisions du cabinet McKinsey, le pays devrait compter, d'ici 2030, 68 villes de plus d'un million d'habitants, soit le double de l'Europe".

Second extrait (interview du géographe Frédéric Landy) :

"Les riches font sécession : ils se coupent de la société, de la vie démocratique. Ils se contentent de gouvernements technocratiques, les promoteurs assurant les fonctions de municipalité. Ainsi, ils ne font plus pression sur les pouvoirs publics pour forcer l'amélioration des autres quartiers. C'est grave, car l'histoire du développement des villes en occident, au XIXè siècle, s'est faite par la pression des bourgeois sur l'Etat pour obtenir des progrès sanitaires, et ainsi les protéger des épidémies".

Nous avions visité Gurgaon, fin 2009, dans le cadre d'une mission prospective pour PSA sur les villes indiennes. Cette visite, suivie notamment de celles d'Hyderabad et de Mumbaï (Bombay), nous avait conduit à publier une tribune dans le Monde : "Grand Paris ou grand écart : la ville de l'après-Kyoto ne doit pas être celle de l'avant-Mumbaï" (téléchargeable ici) :

"Avec ses enjeux urbains exacerbés, Mumbai fonctionne comme un miroir grossissant de l'évolution des plus grandes villes mondiales, et nous ramène à... Paris. En premier lieu, Mumbai nous montre que la qualité du cadre de vie peut ne pas être la finalité première des politiques urbaines. Là-bas, le développement urbain est d'abord un outil de développement économique. Selon "Mumbai vision", le plan de développement élaboré par la société de conseil McKinsey pour le compte de l'autorité métropolitaine, il doit permettre d'inscrire la capitale économique indienne dans la compétition internationale entre villes ; il faut "embellir" la ville, réduire les "slums" (bidonvilles), la rendre attractive pour les entreprises et les cadres, notamment étrangers, et résoudre les problèmes de congestion automobile et d'insuffisance énergétique qui l'empêchent de fonctionner."

Gurgaon

Cela nous avait aussi conduit à nous interroger (dans un texte non publié) sur la place de l'urbaniste. Nous écrivions alors - mais cela est encore plus vrai aujourd'hui : "La ville change. Les mécanismes de production urbaine sont aujourd’hui en plein bouleversement sous l’effet de trois phénomènes conjugués : recomposition des acteurs publics et privés, nouvelles logiques du développement durable et développement des nouvelles technologies. Dans ce contexte, l’urbaniste voit sa place se modifier au point d’être menacé de décrochage : la plupart de ceux qui font la ville aujourd’hui ne sont pas « urbanistes ». Qu’on en juge. Avant, Le Corbusier dessinait la ville nouvelle de Chandigarh, maintenant ce sont des promoteurs privés (DLF à Gurgaon), des entreprises technologiques (Cisco à Bengalore) ou des cabinets de conseil en stratégie (McKinsey à Mumbai) qui conçoivent les villes indiennes. C’est également le cas en France : le quartier des Berges du Lac à Bordeaux est piloté par Bouygues, les Docks de Saint-Ouen par Nexity, Unibail influence fortement le projet du Forum des Halles à Paris… Cette évolution s’explique pour deux raisons. D’abord, l’urbaniste se limite souvent à une approche spatiale de la ville. Or, celle-ci n’est pas forcément la plus adaptée, qu’il s’agisse de résoudre les problèmes des quartiers sensibles (« pour casser les ghettos, il faut s’occuper autant des gens que des lieux » ) ou de rendre le territoire compétitif sur le plan économique. De plus, le rôle de l’urbaniste se situe habituellement, en amont du projet urbain, auprès de la collectivité locale ou de l’aménageur public. Mais le processus de fabrication de la ville est de moins en moins séquentiel et résulte désormais d’un système d’acteurs complexe : de nouveaux « intégrateurs urbains » font leur apparition, qui rentrent dans le champ de l’urbain par la gestion de l’énergie (Veolia, Suez, Siemens), par les systèmes d’information (IBM, Google) ou par le financement (promoteurs et investisseurs immobiliers)". (...)

Sources : ''Gurgaon, symbole terni des villes privées indiennes" - Le Monde - 15 mai 2012 "Grand Paris ou grand écart : la ville de l'après-Kyoto ne doit pas être celle de l'avant-Mumbaï" - Isabelle Baraud-Serfaty - LeMonde.fr - 26 novembre 2009''

jeudi, 28 avril 2011

Qui délégue l'eau ?

Après Paris, qui a remunicipalisé son service de l'eau en 2009, plusieurs grandes collectivités vont être prochainement amenées à se prononcer sur le mode d'exploitation de leur service d'eau : Marseille en 2012, Lille en 2014 ou encore Lyon en 2015.

C'est l'occasion pour Les Echos de donner un état des lieux des principaux modes de gestion de la production et de la distribution d'eau.

Eau potable - Les Echos

En France, 73% de l'eau potable est facturée par des opérateurs privés ou des sociétés d'économie mixte, comme le montre le tableau ci-dessous.

Tableau Suez

Source : document de présentation par Suez Environnement de ses résultats annuels 2010 - 9 février 2011.


"Les villes maîtrisent mieux leur choix entre le réseau d'eau public et privé" - Les Echos - 21 avril 2011

mardi, 5 avril 2011

Infrastructures et villes

Nous avions eu l’occasion d’évoquer ici la mutation stratégique d’un acteur comme Siemens et son positionnement désormais affirmé comme partenaire des villes. Cette évolution stratégique vient de franchir une nouvelle étape, avec la création, annoncée lors d'une conférence de presse le 29 mars dernier, d’une nouvelle division opérationnelle, la quatrième, qui prend le nom d’ « infrastructures et villes ».

Cette nouvelle division regroupera la filiale dans l’éclairage Osram, les technologies dans le bâtiment, le ferroviaire et la branche énergie dans les réseaux d’électricité. Elle devrait représenter 29% du chiffre d’affaires total du groupe.

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Télécharger ici le support de présentation de la conférence de presse.

« Siemens mettra Osram en Bourse à l’automne 2011 », Les Echos, 29 mars 2011

lundi, 7 mars 2011

La nouvelle privatisation des villes

L'intervention des acteurs privés dans la ville, notamment en France, prend désormais des formes inédites : accélération de la privatisation classique, nouvelles portes d'entrée dans la ville, rôle central de l'usager-habitant, financiarisation de la fabrique urbaine. Elle pose des questions tout aussi inédites...

couverture esprit

Tel est l’objet de l’article (téléchargeable ici) que nous venons de publier dans le dernier numéro de la revue Esprit, consacré notamment aux reconfigurations territoriales. A lire également dans ce numéro :

- un entretien avec Vincent Feltesse, président de la Communauté Urbaine de Bordeaux et président de la Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme (FNAU)
- un article de Jacques Donzelot sur le « chantier de la citoyenneté urbaine ».

Premier extrait : L’urbanisation des stratégies

Extrait 1 Esprit

Second extrait : Définition de la privatisation des villes

Encadré Esprit

Isabelle Baraud-Serfaty, "La nouvelle privatisation des villes", Revue Esprit, mars-avril 2011, téléchargeable ici

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mercredi, 29 décembre 2010

Privatisation publique

Télérama consacre son dernier numéro de l’année 2010 au « siècle des villes ». Dans ce riche dossier, nous retiendrons tout particulièrement l’interview d’Olivier Mongin, le directeur de la Revue Esprit, et son éclairage sur la privatisation des villes. Morceaux choisis.

Telerama Decembre 2010

- Télérama : La France, pourtant en proie à l’étalement péri-urbain, en reste à cette vision traditionnelle du centre et de la périphérie…
- Olivier Mongin : Cela vient de notre culture politique. Toute notre vision est centralisée. Rappelons la distinction de Fernand Braudel : l’Italie, focalisée sur la ville, est en manque d’Etat. La France, focalisée sur l’Etat, est en manque de ville. L’urbain n’y a jamais été que le prolongement de l’Etat. Cela s’est vu avec la construction des grands ensembles, puis avec la « politique de la ville » en direction des banlieues, et plus récemment avec le projet du Grand Paris.


- Télérama : Mais comment faire, concrètement, alors que les zones commerciales, les autoroutes, les lotissements grignotent l’espace public ?
- Olivier Mongin : Effectivement, en France, on pense que l’espace public est là, qu’on n’a pas en prendre soin. Or, la privatisation des espaces publics a lieu partout dans le monde ! A contrario, je reviens de Colombie, où se développe une vraie culture de l’espace public, parce que justement, n’existait jusqu’alors que l’espace privé.


- Télérama : Comment expliquez-vous que la vision étatique en France n’empêche pas l’œuvre du libéralisme, c’est-à-dire la privatisation de l’espace ?
- Olivier Mongin : Mais le néolibéralisme, contrairement à ce qu’on croit, n’est pas le tout marché, c’est l’Etat qui se met au service du marché ! Cela vaut pour les Chinois comme pour nous. Il faut donc renverser les tendances lourdes. Les flux sont plus forts que les lieux ? Il faut faire des lieux qui résistent aux flux. L’entre-soi, la ghettoïsation des riches comme des pauvres l’emporte sur la mixité ? Battons-nous pour contre les grillages et les fermetures. Le privé l’emporte sur le public ? Recréons des lieux publics partout où c’est possible.


- Télérama : Comment expliquez-vous que la plupart des pays qui arrivent à maîtriser le chaos urbain aient des régimes autoritaires ?
- Olivier Mongin : Parce que ce qu’on appelle le néolibéralisme est en fait la mise en place d’un capitalisme autoritaire, organisé par les Etats ! Ils mettent en place le système de la « ville globale », qui consiste à interconnecter certaines villes en réseau, sans se préoccuper de leur environnement proche ni des autres villes. On assiste à la mise en place d’un monde urbain à plusieurs vitesses.


Source : Télérama - Du 18 au 31 décembre 2010

mardi, 21 décembre 2010

La neige, indice de privatisation des villes ?

Même si ce blog cite plus volontiers les Echos ou The Economist que L'Humanité, la Une publiée hier par le quotidien fondé par Jean Jaurès mérite qu'on s'y arrête.


L'Humanité - Lundi 20 décembre 2010

Verbatim :

"La pagaille face aux intempéries a illustré l'abandon du réseau routier par l'Etat. Tapis dans l'ombre, les géants des travaux publics se préparent. (...) L'épisode neigeux dure et devient saga. Transports en commun paralysés, poids lourds bloqués sur les parkings, trains ralentis, vols annulés dans les aéroports, axes secondaires impraticables... Une situation qui a de quoi mettre en boule, tant elle souligne les conséquences des politiques mises en oeuvre depuis trois ans dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP)".

"Sur le million de kilomètres de routes du pays, l'Etat n'en a plus en charge que 20.000. Soit seulement 2% ! Dont 8.200 kilomètres sont déjà entretenus par des concessionnaires privés sous contrat avec l'Etat. (...) L'entretien des départementales et des axes secondaires a été transféré aux départements. Ces collectivités locales, déjà asphyxiées budgétairement, ont notamment en charge la maintenance de la flottille des véhicules de l'ex-DDE et une partie des personnels d'entretien de ces véhicules qui ont accepté leur transfert. L'entretien, des déneigeuses notamment, est confié au privé, via une plate-forme téléphonique du groupe ALD à appeler pour les besoins courants en cas de problème !"

"Le privé, s'il se trouvait complètement propriétaire du réseau d'infrastructures de transport routier aurait, en toute logique, à dégager des bénéfices. Parmi les pistes déjà évoquées, l'instauration de péages à l'entrée des grandes villes. Les "usagers de la route" deviendraient des "consommateurs de la route", supportant tous les coûts : des inégalités d'accès liés aux tarifs, une différence de qualité des réseaux selon que les secteurs sont très fréquentés ou pas".

Le débat est lancé : la vitesse du déneigement serait-elle un indice de privatisation des territoires ?