La nouvelle économie du stationnement

Plusieurs sollicitations reçues simultanément autour d’un même sujet sont souvent le signe que ledit sujet questionne, rentre en ébullition et exige de nouvelles approches. En l’occurrence, il s’agit du stationnement… sous toutes ses formes : stationnement sur voirie ou en ouvrage, parking silo, parking reconverti en logements, en lieu de stockage logistique, ou autres.

L’occasion de republier ici cet article d’ibicity sur “La nouvelle économie du stationnement”, publié en novembre.

Extrait :

Produire la ville dense à coûts maîtrisés, et notamment produire des logements abordables, constitue un défi majeur dans un contexte de contraction des budgets publics et des capacités financières des ménages. (…)  Une troisième piste est enfin de travailler sur l’interface entre les différents acteurs de la chaîne, par exemple, le parti-pris urbain et la définition des formes urbaines, le choix de la filière énergétique, les modalités de stationnement. Cette piste est aujourd’hui l’une des voies les plus intéressantes, encore peu explorée et source de véritable création de valeur. Comment le stationnement peut- il contribuer à la production du logement à coût abordable ? Comment des approches systémiques peuvent-elles permettre d’optimiser l’économie des projets urbains ? Le choix du stationnement n’est pas anodin. (…)

Mais cette approche suppose plus largement un dialogue avec la collectivité, en dehors des strictes limites de l’opération. Car tout l’enjeu pour la collectivité est de faire le lien entre cette offre privée (traditionnellement sous maîtrise d’opérateurs privés) et le stationnement sur voirie et dans les parkings publics, « l’offre publique ». Cet éclatement de l’offre de stationnement entre une offre placée sous maîtrise publique, et une offre privée qui échappe à l’action publique large et concertée au-delà de l’instruction des permis de construire n’est d’ailleurs pas le moindre intérêt de cette réflexion sur les parkings, qui doit aussi associer les habitants.

L’article dans son intégralité est téléchargeable : ici.

Ceux qui liront l’article constateront qu’il a bien été publié en novembre… mais en novembre 2014 ! Soit il y a près de dix ans. Un peu comme dans l’exercice de rétro-prospective que nous avions fait pour la Direction de la prospective du Grand Lyon, relire cet article dix ans après invite à se demander si ce qui était “nouveau” (cf. “la nouvelle économie”) à l’époque l’est toujours, et sur ce qui l’est aujourd’hui. Sous réserve d’avis contraires dont nous discuterons volontiers, il nous semble que l’article reste pertinent, mais que la manière d’aborder le sujet doit encore être élargie. En particulier, la question de l’eau (avec les enjeux de lutte contre les ilots de chaleur et de désimperméabilisation, de la voirie mais aussi des nappes de parking dans des zones commerciales par exemple) doit être davantage prise en compte, ainsi que les nouveaux usages de stationnements en ouvrages devenus parfois inutiles (#actifs échoués), en lien avec le basculement d’une ville qui n’est souvent plus pensée prioritairement par rapport à la voiture.

 

A noter : en 2020/21, ibicity était intervenue aux côtés de 15marches pour aider l’Agence de mobilité durable de Montréal à mettre en place une application mobile de stationnement tarifé sur rue. Réinscrivant cet objectif dans une perspective plus large (la mobilité durable), ibicity avait mis en évidence le caractère stratégique du choix à opérer.

Primo, en montrant que, certes, pour un opérateur de stationnement sur rue, une place de stationnement sert à garer une voiture, mais aussi, qu’une place de stationnement peut aussi être vue avant tout comme une portion d’environ 10 mètres carrés sur l’espace public, lequel devient de plus en rare.

Secundo, en invitant à changer de lunettes pour trouver la meilleure solution. La lunette initiale était : la tarification du stationnement comme tarification d’une composante d’un bouquet de services de mobilité. La nouvelle lunette devient : la tarification du stationnement comme manière d’allouer une portion de l’espace public très convoitée par les acteurs d’autres services urbains (propreté, mobilier urbain, qualité de vie, etc.). Et cela change beaucoup de choses… !

 

A écouter aussi : “Les parkings vides ou obsolètes peuvent se réinventer“, chronique d’Olivier Marin sur France Inter (19 mars 2022)