Sans-abrisme et politiques publiques
La synthèse qui vient d’être publiée (téléchargeable sur le site de Millénaire ou sur notre page Publications) conclut plus d’un an de recherche de la Direction de la Prospective (Jean-Loup Molin et Nicolas Leprêtre) et d’une équipe de veilleurs (Margot Baldassi et Philippe Gargov, David Chevallier, Benjamin Pradel, et nous).

Elle se compose de 25 enseignements, listés ci-dessous et détaillés dans l’étude.
Prendre acte du phénomène : Définir, repérer et se représenter le sans-abrisme
- Les profils des sans-abris sont très hétérogènes, ce qui confirme que la figure du « sans-abri moyen » n’existe pas
- Puisque le thermomètre national est cassé, le données s’organisent au niveau local
- Le manque de connaissance sur les personnes sans-abri complexifie leur accompagnement
- L’imaginaire collectif lié aux sans-abri mobilise nombre d’idées reçues
- Selon l’imaginaire collectif, les aides pourront apparaître plus ou moins légitimes
- L’empathie vis-à-vis du phénomène se cristallise autour du mobilier anti-sdf et de la condition de vie des enfants
- Si l’empathie se manifeste vis-à-vis de ces publics, un rejet est également bien présent
[Sur]vivre dehors : Lieux de couche, invisibilisation et rapport au corps
- L’expérience de [sur]vivre dans la rue n’est pas la même dans l’hyper-centre que dans les périphéries
- Le lieu de couche a une fonction anthropologique forte pour les personnes sans-abri, même s’il ne faut pas réduire leur vie à ce lieu
- Les stratégies d’invisibilité et de visibilité sont au cœur de la pratique de la rue
- « Aller » vers les personnes sans-abri pour les accompagner est un défi à relever
- Le rapport au corps est révélateur de la violence d’une [sur]vie dans la rue
- La « préférence » de vivre dans la rue crée un malaise même si elle peut s’expliquer
Répondre aux besoins
- Un centrage s’opère sur la réponse aux besoins spécifiques à chaque profil
- La diversification des besoins permet de reconnaître des besoins liés à la dignité de la personne, jusqu’alors vus comme « périphériques »
- La réponse aux besoins ne passe pas que par une offre publique et associative
- La grande hiérarchie des profils interroge la proportion entre offre dédiée et universelle
Organiser l’aide aux sans-abri : Un écosystème d’acteurs en mutation
- Entre nouvelles associations, entreprises et initiatives citoyennes, les acteurs au contact des sans-abri se multiplient
- Le numérique apparaît comme un levier encore émergent d’une « multitude » au service des sans-abri
- Alors que les acteurs se multiplient, le tissu associatif historique est en mutation
- La démultiplication des prises en charge pose la question de la coordination et de la formation
- N’est pas acteur de l’accompagnement qui veut
- Chaque dispositif porte un poids symbolique à prendre en compte
- La représentation et l’écoute des sans-abri n’en sont qu’à leurs balbutiements
- Le travail social à destination des personnes sans-abri est en perte de sens.
A signaler également sur ce sujet la publication récente de Julien Damon : « La question SDF » (ici).

A lire également : le dossier de Métropolitiques : ici.
