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Logement, logement, logement !

Qui n’a jamais entendu la règle d’or de l’immobilier : “localisation, localisation, localisation !” ? En l’occurrence, on serait tenté de dire : logement, logement, logement ! Car ce sont 3 dossiers ou études qui sortent quasi simultanément sur le logement et qu’il faut lire.

D’abord, le dossier très riche qui sort dans la Revue Esprit de ce mois de septembre, avec plusieurs articles, dont celui de Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, un autre de Vincent Le Rouzic qui revient sur le sujet très en vogue des OFS (offices fonciers solidaires) et des BRS (bail réel solidaire) en réinterrogeant la notion de propriété, et aussi une interview d’Alain Damasio (voir l’extrait ci-dessous).

Le numéro est disponible : ici.

A lire également le rapport de Laurent Girometti et François Leclercq sur la qualité du logement (“Rapport de la mission sur la qualité du logement : Référentiel du logement de qualité – Septembre 2021 – Téléchargeable ici). On trouve particulièrement intéressante la synthèse des entretiens sous forme de points de vue croisés. Les mécanismes de fiscalisation sont largement pointés du doigt.

Extraits :

L’incidence des dispositifs de défiscalisation dans l’investissement locatif auxquels on constate une forme de dépendance de la part de nombreux acteurs, au premier rang desquels les promoteurs. Or, une part très importante des logements neufs sont des produits d’investissement, ce qui pose un réel problème car génère de petits logements. (…)

Le dispositif Pinel, pour ne citer que lui, génère selon certains une tendance inflationniste sur le foncier et une dégradation de la qualité dues en partie à l’effet de seuil de l’abattement fiscal et au fait que l’acquéreur n’est pas occupant. 60% à 80% des logements libres seraient vendus à des investisseurs. Or, on comprend aisément qu’il est plus intéressant d’acquérir de petites surfaces avec des rentabilités locatives plus élevées. La réduction des surfaces habitables est donc opérée à l’aune de critères économiques, en fonction de l’équilibre des acquéreurs et des locataires. Ajoutons à cela une tendance émergente à créer des copropriétés plus ou moins bien gérées et qui se dégradent rapidement. Le risque induit par ces deux phénomènes est l’apparition d’un sentiment de déclassement, dont on mesure aujourd’hui la gravité.

Enfin, on citera l’étude publiée par Idheal sur “Nos logements, des lieux à ménager“, qui commence par une jolie citation de Georges Perec : « Vivre, c’est passer d’un espace à l’autre en essayant le plus possible de ne pas se cogner » (Espèces d’espaces, 1974).

 

L’étude est très fouillée et fourmille d’informations, notamment sur la comparaison aménagement / diffus et sur les différentes réglementations et leurs impacts.

NB : on en profite aussi pour signaler, même si elle est plus ancienne et plus large (elle dépasse la seule question du logement), l’étude réalisée par la Chaire Aménager le Grand Paris : “L’aménagement urbain, une nouvelle étape de la diversification d’actifs ?“, réalisée par Marie Llorente, Martine Drozdz et José Ignacio Vila Vázquez.