« La Grande Arche », de Laurence Cossé est paru début janvier chez Gallimard. Minutieux, limpide, sensible, plein d’humour, on l’adore !


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Le livre se présente comme un « roman », mais les personnages qu’il évoque sont bien réels, et d’ailleurs désignés sous leur vrai nom : François Mitterrand, Robert Lion, Jean-Louis Subileau, Paul Andreu, Francis Bouygues, Christian Pellerin, François Chaslin, etc. La précision va même jusqu’à décrire la façade de l’agence fondée par Jean-Louis Subileau (voir ci-dessous) ! Mais c’est cela peut-être, justement, qui fait roman, et permet de saisir au plus près la réalité des choix (notamment ceux faits par les jurys de concours) et des évolutions des projets : la subjectivité est souvent bien plus déterminante que la prétendue objectivité.

Même si on aurait envie de citer presque tout le livre, voici quelques extraits.

Sur l'architecte de la Grande Arche :

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Sur le suicide des architectes :

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Sur la réalisation d'une maquette grandeur nature :

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Sur les techniques de construction :

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Sur les concours d'architecture (c'est aussi la conclusion du roman) :

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Le livre de Laurence Cossé en rappelle d’autres, notamment Le système Victoria, d'Eric Reinhardt (sur la construction d'une tour à La Défense) ou Naissance d’un pont, de Maylis de Kerangual (avouons que le style nous avait quelque peu rebutés). Il nous fait aussi penser à Emmanuel Carrère, par sa capacité à dégager les enjeux de réalités présentées souvent sous des angles uniquement techniques (rappelez-vous, les lois sur le surendettement dans le magnifique D’autres vies que la mienne). En tout cas, tous ceux qui s’intéressent à la fabrique de la ville doivent le lire !

A lire également :
- nos précédents billets sur la fabrique de la ville saisie par le roman (ici et ) ou la bande-dessinée (ici)
- notre billet sur l'Atlas historique de la Défense : ici.


Note bene :

Comme on aime bien Une fabrique de la ville, l'agence créée en 2008 par Jean-Louis Subileau et Guillaume Hébert, on ne résiste pas au plaisir de mettre en regard la photo de la façade de leurs bureaux (57 rue de Turbigo à Paris) et la description qu'en fait Laurence Cossé.

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Au cas où la façade des bureaux d'étude deviendrait un critère des appels d'offre publics, on se permettra de signaler que la façade derrière laquelle se cachent les bureaux d'ibicity est certes plus modeste mais néanmoins intéressante. Sis 50 rue Richer, le "Building Richer" (sic !) et sa grande flèche verte signalent un immeuble construit certainement à la fin du 18ème siècle au moment où l'ancien grand égoût de Paris a été comblé. Cet ancien grand égoût, dont les rues du Château d'eau, des Petites-Ecuries, Richer et de Provence en marquent encore le cours continu, correspondait à un ancien bras mort de la Seine qui aurait été connu du temps des romains et serait, pour certains, à l'origine du fameux lac souterrain sous l'Opéra décrit par Gaston Leroux dans son "Fantôme de l'Opéra"... !

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Rajout du 8 mai : voir également le billet "Les dites Cariatides" : ici.


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